Israël – Gaza : il faut qu’on parle

Après plus de 18 mois passés depuis le pogrom du 7 octobre et beaucoup trop d’âneries entendues çà et là, pire, même, parfois de la propagande des mollahs relayée sans aucun jugement critique, y compris de la part de gens que j’aime, il est plus que temps de prendre ma plume. J’entends les idéaux de certains, mais la réalité n’en a que faire, c’est la vie. « The facts don’t care about your feelings », comme on dit. Alors que le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier. Elle finira toujours par arriver, paraît-il. Et plus qu’à contre-temps, après un trop long soupir.

D’ordinaire, ça parle plus volontiers de voyages ou de bagnoles ici-bas, mais voilà, à force de lire et d’entendre des choses que j’aurais préféré de pas avoir lues ou entendues, je vous apporte un gros paquet de faits. En retour, je n’attends pas grand-chose de plus qu’un peu de temps de lecture… Et un peu de clairvoyance : si j’affirme quelque chose qui vous semble erroné, challengez-moi avec la vérité. Faute de feedback, on pourra raisonnablement considérer que j’ai écrit des choses vraies et pleines de sens. Ou que je n’ai pas été lu. Peut-être plus probable ! 😀

Le but n’est pas d’accabler le lecteur, mais d’offrir d’une part des clés de compréhension dans un contexte où la désinformation et la manipulation font rage et d’autre part, des munitions pour contrer aisément la propagande.

Quelles ont les fausses informations souvent entendues, quel est le rôle de la presse, quels sont les mythes et poncifs employés pour retourner l’accusation et inverser les valeurs ? Bref, enjoy, on va s’attaquer à plusieurs thèmes ici.

Commençons par une des dernières actualités, tiens.

La famine imaginaire et l’aide alimentaire réelle à Gaza

La famine à Gaza… ou pas

Breaking news, c’est la famine à Gaza et des centaines de milliers de personnes sont sur le point de mourir… Si l’on en croit beaucoup de médias. Toujours à l’affût d’un bon tuyau de la part du « Ministère de la Santé du hamas », sans doute. Nous sommes en mai 2025, 14 000 bébés sont sur le point de mourir de famine à Gaza dans les 48 heures. Quelques semaines après cette fausse information allègrement relayée par certains médias et le monde de la bien-pensance (qui, vous le constaterez, ne sort jamais de ses beaux appartements pour changer le cours des choses), il faut se rendre à l’évidence : à 14 000 morts près, le décompte était juste. Aucun bébé n’est mort.

Même schéma dans le passé puisqu’en mars 2025, parmi les différentes accusations de famine organisée par les méchants israéliens à Gaza, 677 000 personnes étaient menacées de famine. Soit près de 30 % de la population gazaouie, rien que ça. Au total, les rapports d’ONG dénombrent… 25 morts de malnutrition à Gaza (selon l’UKLFI) et aucun selon l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC) liée à l’ONU dont la branche FRC (Famine Review Committee) note dans son rapport que « le MUAC (mesure du périmètre brachial déterminant le niveau de malnutrition) dans le nord de Gaza en août et septembre était de 2 %, ce qui indique la phase 1 de l’IPC, et pour l’ensemble de Gaza, il était de 5 %, ce qui indique la phase 2 de l’IPC, signifiant seulement légèrement au-dessus du taux d’avant-guerre ». Bref, statut quo. Mais l’essentiel est sauf : Israël a pu être accusé, les bonnes vieilles méthodes staliniennes ont de beaux jours devant elles.

Et avant le 7 octobre ?

Oui, il paraît que ça n’a pas démarré le 7 octobre, puisqu’il faut justifier les pogroms, dit-on dans les milieux humanistes. Gaza, cette prison à ciel ouvert, cette sordide enclave (avec un littoral de 40 km et une frontière avec l’Egypte longue de 12 km). A titre de comparaison, le département des Hauts-de-Seine fait à peu près 20 km du nord au Sud.

Je vous laisse regarder ces vidéos où l’on voit un endroit pas franchement à plaindre avec des magasins remplis, des VW Tiguan, Kia Sorento, Nissan Micra et Hyundai Creta flambant neuves (et d’autres vieilleries, bien entendu…) : 26 minutes ou 40 minutes : choisissez votre vidéo. Mais le mieux, c’est de laisser parler les influenceurs ! Matez ceci (chaîne financée par la Turquie, on ne les accusera pas d’enjoliver la situation puisqu’ils s’attardent sur le cimetière des « martyrs » parmi les attractions) ! Ou la vie à la plage en 2021.

D’ailleurs, la nourriture ne manquait pas au point que 71 000 gazaouis souffraient de diabète avant le 7 octobre (lien ici) tandis que l’obésité était croissante (rapport à lire ici). Bref, une prison avec des hôtels, des magasins bien remplis, des bagnoles tout à fait décentes et des maladies de riches. Le tout avec 40 km de plage et une frontière avec l’Egypte (mais chut, ne le dites pas aux bien-pensants, c’est notre petit secret).

A propos d’Egypte, Gaza était sous contrôle égyptien jusqu’en 1967 et la Guerre des Six Jours (Empire Britannique depuis 1917, Empire Ottoman depuis 1517, sous contrôle de Médine depuis 640, et avant cela, les byzantins, les romains, les grecs, les assyriens, les égyptiens…) et aucun israélien ne s’y trouvait depuis le retrait unilatéral de 2005. En guise de signal d’apaisement, 6 000 roquettes environ ont été tirées depuis Gaza vers Israël depuis 2005, environ 300 par an… Comme quoi, ils avaient de l’argent. L’origine de l’expression « prison à ciel ouvert » est quant à elle détaillée dans cet article du Algemeiner.

L’aide alimentaire qui tue… ou pas

Cette parenthèse sur la prison enchantée étant close, passons à une des autres dernières fausses informations régulières depuis que le hamas a perdu le contrôle de l’aide humanitaire (oui, l’aide était détournée par les terroristes du hamas, au risque de ne pas vous faire tomber de votre chaise, même le vil New York Times en parle). Celle-ci est désormais distribuée par le GHF (Gaza Humanitarian Foundation) depuis le 2 mars 2025, une organisation américaine basée dans le Delaware, soutenue par l’administration américaine et le gouvernement israélien. 

Un petit mot s’impose d’ailleurs au sujet de l’aide humanitaire : vous connaissez beaucoup de pays qui en distribuent à leur ennemi ? Ils sont vraiment de bons chrétiens, en Israël. Bref, maintenant que la distribution est de la responsabilité de cette nouvelle ONG, il était temps pour le hamas de riposter, leur manne s’étant tarie. Et quoi de mieux que quelques morts à mettre sur le dos d’Israël pour abreuver les âmes crédules ? De nombreux médias autrefois sérieux (enfin, au siècle dernier) comme la BBC ont diffusé les mensonges de ces faux-massacres dont les vrais morts étaient en réalité imputables au hamas. Avant, pour certains médias, de se rétracter. Le mal médiatique était fait. A lire ici. Et on peut aussi voir des témoignages de la réalité à partir du milieu de cette vidéo. A savoir que ces accusations reviennent régulièrement puisque leur impact sur l’opinion occidentale est malheureusement efficace. Bienheureux sont les simples d’esprit, non ?

Dernier mensonge en date, l’accusation de contamination de la farine avec des pilules d’oxycodone, le 27 juin dernier (visible en fin de page Wikipedia avec une source absolument pas objective) : 10 jours plus tard, je cherche encore les morts. France 24 concluait début juillet qu’il y avait de quoi être sceptique et les seules sources sur Internet viennent de médias… pour le moins orientés.

Mais au fait, en parlant de fake news, quid de la presse ?

Je ne ferai même pas l’affront de considérer l’Humanité comme un journal, leur idéologie et leur passé parle pour eux. Et nos impôts leurs permettent de vivre. Une bonne raison de défiscaliser. Le plus gênant, c’est quand les fausses informations viennent de médias perçus comme sérieux par l’opinion publique. Prenons par exemple Le Figaro (et là, je suis carrément abonné, à croire que je suis maso en plus de payer les impôts…) qui cite régulièrement « La Défense Civile Palestinienne » comme source… en omettant de préciser qu’il s’agit ni plus ni moins d’une organisation liée à l’Autorité Palestinienne qui opère dans une zone contrôlée par le hamas.

Allons également du côté d’un journal qui aurait autrefois fait référence avant ma naissance : l’immonde Le Monde, qui merci l’article du Figaro (je ne suis pas rancunier) a largement exposé les biais idéologiques au sein de la rédaction. On se rappellera également que ça ne date pas d’hier (cf La Face Cachée du Monde).

Enfin, autre « grand » journal : l’aberration, euh, Libération qui, outre son penchant pour la pédophilie ou pour les khmers rouges (il est toujours bon de le rappeler), n’hésite pas à balancer un paquet de fake news à la Une. Mais rassurez-vous, ils ont quitté X, ça renforce donc la crédibilité du réseau social de Musk, merci à eux ! Bref, parmi leurs nombreuses fausses informations, la fameuse Une du 29 février 2024 annonçant en grands caractères : « Gaza 30 000 morts ». Et faisant d’eux, le porte-parole du hamas avec ce chiffre très largement exagéré et largement suffisant pour alimenter la haine envers Israël (et les juifs, tant qu’à faire). A retrouver ici. On peut aussi parler de leur une avec une photo générée par IA… Bah oui, quitte à mentir, autant utiliser les outils modernes (voir ici). On ne se refait pas, chez libé.

Depuis l’étranger, c’est le Qatar qui n’oublie pas de nous abreuver de fausses informations, avec Al Jazeera et sa tentacule AJ+, destinée aux jeunes et aux progressistes autoproclamés. Bref, on y voit de prétendues images de soldats de Tsahal en train d’emporter des organes de palestiniens, de faux viols à l’hôpital al Shifa entre autres réjouissances. Article à lire ici. Plus récemment, les fausses accusations de création d’un camp d’internement à Gaza relayées notamment par The Guardian ou la BBC ainsi que cette idiote de billie eilish (qui a peut-être encore plus de portée, c’est ça qui est grave…).

Bien entendu, n’ayant pas la télévision, je serais bien en peine de vous citer des exemples similaires, peut-être en avez-vous vu. Les auditeurs de Rance Info y ont droit à longueur de journée… Ah si, en parlant de télé, encore un exemple où CNN (Communist News Network ?) se prend les pieds dans le tapis de la propagande. C’est cadeau à ce lien.

Et les fausses informations n’arrêtent pas d’être colportées, parfois par les médias traditionnels, parfois par les réseaux sociaux de personnalités (voire les deux), exemple récent en date avec les 377 000 disparus de Gaza d’après une étude de Harvard… qui n’existe pas (voir ici). Les exemples sont malheureusement nombreux et ajoutent de l’huile sur le feu de l’antisémitisme, objectif de la manœuvre. J’ai déjà assez étrillé la BBC comme ça, autant profiter de cette tribune pour saluer la seule journaliste française à ma connaissance qui rappelait quotidiennement le sort des otages français à Gaza : Laurence Ferrari. Merci à elle.

Délégitimation d’Israël : une entreprise qui ne connaît pas la crise

Outre ces fausses informations, la délégitimation d’Israël est un vaste chantier qui comprend de nombreux axes, on va s’attaquer ici aux principaux.

Les morts : c’est pas cool

Oui, venons-en aux morts civils, car, comme dirait Bernard Campan dans le rôle de Florent Brunel : « la guerre, je suis contre, mais contre total, quoi ». « Mais faut reconnaître que c’est nécessaire », a-t-il ajouté dans ce mémorable sketch qui n’a pas pris une ride.

La Seconde Guerre mondiale fut le conflit le plus meurtrier de l’Histoire avec plus de 60 millions de morts, soit 2,5 % de la population mondiale de l’époque, dont la majorité fut des civils.

A population de Gaza est de 2,23 millions d’âmes. En gardant la même proportion de 2,5%, on aboutirait à 53 500 personnes, décompte macabre, qui ne sera sans doute pas atteint, les personnes visées par l’armée israélienne étant les terroristes du hamas et leurs sympathisants. Les autorités de Gaza ont indiqué en mai 2025 que plus de 45 000 personnes ont été tuées à Gaza au cours des 14 derniers mois. On estime le nombre de civils tués autour de 22 000, nombre révisé à la baisse par le hamas… donc probablement plus bas dans la réalité !

Pour autant, et on verra les méthodes plus bas, le ratio morts civils vs combattants est loin d’être délirant par rapport à d’autres conflits, y compris ceux auquel la France a pris part, sans que ça ne gêne qui que ce soit, d’ailleurs. A croire que c’est autre chose qui dérange les foules… Bref, on parle ici de 17 000 à 20 000 membres du hamas tués par Tsahal au premier janvier 2025, à comparer aux 45 000 personnes décédées selon le décompte du hamas au 3 janvier 2025 (combattants inclus ?). A supposer que les chiffres soient justes (et vous vous doutez bien qu’avec le « ministère de la santé du hamas », on peut s’attendre à une petite exagération…), cela donne un ratio de 2,6 civils pour 1 terroriste dans le pire des cas.

Sur une période comparable, en Syrie (2024), il y a eu 3598 morts civils pour 3179 morts des forces combattantes… et 530 000 morts depuis le début du conflit en 2011, dans lequel la France a pris part, faut-il le rappeler.

Un mot s’impose quant aux précautions prises par l’armée israélienne lors des attaques, d’autant que la densité de population de la bande de Gaza est de 6 000 habitants / km² (vs 107 en France) fait que la population civile est proportionnellement bien plus exposée que dans d’autres pays. A l’échelle d’une ville comme Gaza City, c’est carrément 17 000 habitants au km² (21 000 à Paris). Voici succinctement une description des différentes précautions prises par l’armée israélienne avant les frappes :

  • Tracts : Largage de tracts pour avertir civils d’évacuer zones ciblées rapidement. 
  • Appels/SMS : Appels automatisés et SMS avertissent civils de frappes imminentes. 
  • « Knock on the roof » : Projectile non explosif sur le toit qui signale une frappe imminente aux civils. 
  • Annonces publiques : Avertissements diffusés via médias, réseaux sociaux pour zones à risque. 
  • Ordres d’évacuation : Instructions d’évacuer zones ciblées vers zones humanitaires désignées par Tsahal (cf ce qui a été fait à Raffah)

Ajoutez à ce la distribution d’aide humanitaire dont le contrôle échappe désormais au hamas (cf ce qui a été traité plus haut). Pour rappel, la France ne fait pas ça avec ses ennemis. Aucune autre armée, d’ailleurs. Alors oui, il y a des morts civils, mais tout est fait pour en limiter le nombre. Les sources sur les mesures préventives ici, et encore là.

Alors que la population israélienne bénéficie de nombreux abris et d’un Dôme de Fer qui aide à contenir la vaste majorité des roquettes (i.e. non guidées pour tuer un max de civils) et de missiles, la population de Gaza, administrée par les grands humanistes du hamas a eu doit à… rien. Ou si, de servir de boucliers humains, les mosquées, hôpitaux, écoles, servant de base arrière pour les terroristes, ces grands tunneliers. Et la population qui tentait de fuir en était dissuadée à coups de balles pour continuer de rester à servir de boucliers humains. Dès lors, il est évident que les gazaouis mourront en plus grand nombre que les israéliens. Et que nombre d’idiots utiles (parfois nommés journalistes ou politiciens) s’arrêteront au nombre de morts pour désigner la victime et le bourreau en faisant totalement fi de la cause racine : le hamas. Ne me remerciez pas, je viens de vous donner la réponse. Oui, tous les morts sont imputables au hamas.

All eyes on… your hypocrisy

Venons-y. On a vu sur les réseaux sociaux de nombreuses personnes (dont des célébrités souvent inutiles), peut-être bien intentionnées mais sans doute naïves dans le meilleur des cas, relayer des images générées par des soutiens du hamas (probablement issues de la propagande qatarie ou iranienne à la base) à l’image du fameux « all eyes on Rafah » et d’autres rappels à des morts palestiniens imaginaires ou non. Etonnamment, on ne voit jamais ces personnes s’esclaffer à propos de vrais morts ou de vrais génocides. Aucun repost sur les réseaux sociaux, degré 1 de l’indignation en 2025. Quelques exemples ?

  • Strictement rien sur les 10 millions de morts en au Congo
  • Rien sur les 600 000 morts en Éthiopie (guerre du Tigre)
  • Rien sur les 500 000 morts du boucher de Damas extradé en Russie
  • Rien sur les 400 000 morts du Yémen en conflit avec l’Arabie Saoudite et ses millions de déplacés
  • Rien sur les 400 000 morts du Darfour avec 7 millions de déplacés et 1,5 millions de personnes en malnutrition critique
  • Rien sur les ignominies subies par les chrétiens d’Orient et de l’Afrique subsaharienne
  • Rien sur les Ouighours en Chine (et sur le trafic d’organes hallal pour leurs « frères » musulmans en Arabie saoudite ou dans les pays du Golfe !
  • Rien sur le massacre des Kurdes par Erdogan
  • Rien sur le million de tués inhérent au terrorisme islamiste depuis 40 ans dont une grande partie de musulmans (200 000 morts en Algérie)
  • Rien pour dénoncer le martyr des femmes afghanes, ou des femmes iraniennes…
  • Rien non plus pour ces pauvres 12 enfants druzes victimes d’un missile du hezbollah dans le Nord d’Israël. Tous les enfants n’ont pas la même valeur, il faut croire.

La raison est simple et facialement difficile à admettre : « no Jews, no news ». Pour certains, ce comportement est fait en toute connaissance de cause. Et il ne me dérange pas, après tout, je n’attends rien de gens qui relèvent des ordures plutôt que de l’humain.

Mais quand ce comportement vient de gens autrement respectables, forcément, c’est dur à encaisser. Bon, j’ai ma part de responsabilité, appartenant à ce groupe de 15 millions de personnes sur Terre qui cause tous les malheurs de Sophie aux 7 milliards restant, il faut croire ! Soit on s’offusque pour tous les morts, soit on ne s’offusque de rien. L’indignation sélective n’a aucune valeur morale.

Et puisqu’on a évoqué le « all eyes on rafah », je vous mets la source… qatarie à propos de l’origine de la chose ! Et les morts en question (45) seraient les victimes collatérales d’un dépôt de munitions placé à proximité immédiate des tentes des victimes gazaouies (merci le hamas) d’après les derniers articles que j’ai pu trouver ici et . L’explication est considérée comme très probable mais je n’ai pas trouvé la conclusion.

Le pire génocide du monde

Ah, les accusations de génocide : toujours aussi efficaces. Je les ai entendues pour la première fois quand j’avais 18 ans, je croisais un pote qui distribuait des tracts d’ATTAC à la gare de Levallois. L’idée était de dire que « petit à petit, ils les tueront tous ». Bref, 20 ans après (plus de 20 ans, bordel…), je me dis que l’objectif n’est sans doute pas atteint. Un simple coup d’œil aux chiffres de la population palestinienne permet de voir que c’est le pire génocide de l’Histoire : le seul dont la population augmente. Et le seul dont les dirigeants ne veulent pas d’un cessez-le-feu avec leurs « génocidaires ». Allez comprendre.

Prenons la population de Gaza puisque c’est le thème actuel : elle comptait 2,23 millions d’habitants en 2023 à la veille du conflit. Trouver les chiffres exacts de 2025 est actuellement impossible, vous vous en doutez, au vu de la situation. Déjà qu’on ne sait pas compter la population de Mayotte en France… Prenons une hypothèse pessimiste en admettant que le conflit ait fait 50 000 morts civils en 1 an (ce qui n’est pas le cas, mais ça simplifiera fortement le calcul). Il faudrait à ce rythme (et à supposer que la natalité soit nulle à compter d’aujourd’hui !) plus de 44 ans pour venir à bout de la population. Sachant que le taux de fécondité approchait les 4 enfants par femme à Gaza à la veille du pogrom du 7 octobre, il va y avoir du boulot pour tout « génocider » ! Bref, Israël s’y prendrait autrement si telle était son intention.

C’est d’ailleurs le nœud du sujet : qu’est-ce qu’un génocide, puisque les mots ont un sens ? Deux définitions :

  • Larousse : « Crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l’intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d’existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d’enfants qui visent à un tel but. »
  • Amnesty : « Ce qui va distinguer ce crime d’un autre tel que le crime contre l’humanité c’est l’intention spécifique de détruire, en tout ou partie, un groupe protégé par la Convention, à savoir un groupe national, racial, ethnique ou religieux. C’est cette notion d’intentionnalité qui fait toute la spécificité du terme de génocide. »

Dès lors, y a-t-il intention de détruire tout ou partie d’un peuple ? Y a-t-il des atteintes volontaires à la vie ? Des entraves aux naissances ? Les réponses sont non dans tous les cas. On pourrait parler de génocide si, par exemple, un groupe armé faisait irruption sur un territoire pour tuer arbitrairement un grand nombre de civils, en n’oubliant pas de violer les femmes et de brûler les enfants, tout en capturant un maximum d’otages, par exemple. Vous avez dit hamas le 7 octobre ? Oui, ils se sont bien gardés de s’en prendre aux soldats israéliens plutôt qu’aux civils, ces braves « résistants ». Retourner l’accusation pour mieux salir Israël. Voilà le but.

Ajoutez à ce terrible « génocide » imaginaire le fait que les palestiniens se font soigner en Israël… un petit tour sur cet article permet de lire que « de septembre 2005 à juin 2009, 167 enfants palestiniens atteints de cardiopathies congénitales sont opérés gratuitement dans le service de cardiologie pédiatrique de l’hôpital grâce à une initiative du professeur Jean-Jacques Rein, chef de ce service, avec le concours de l’association humanitaire française Un Cœur Pour la Paix qui a permis de faire opérer 167 enfants palestiniens atteints de cardiopathies congénitales dont près de la moitié originaires de la bande de Gaza ». Plus loin, « le 5 mai 2013, une délégation palestinienne conduite par le ministre palestinien de la santé, le docteur Hani Abdeen, rend visite aux Palestiniens qui sont hospitalisés à Hadassah où travaillent une soixantaine de médecins palestiniens ». Et on lit également : « le 25 avril 2013, un Arabe israélien, le docteur Aziz Darawshe devient le chef du département de médecine d’urgence de l’hôpital ». Mais bon on parlera du fameux apartheid imaginaire plus tard !

Pas étonnant que la Turquie soit fâchée avec Israël, incapable de « génocider » proprement les gens comme eux l’avaient fait avec les arméniens ! Mais voilà, salir Israël (et avec, le peuple juif) via une crasse inversion de valeurs en faisant passer pour tortionnaire celui qui subit un pogrom, ça fonctionne malheureusement bien.

Et si vous voulez parler de nettoyage ethnique, regardez la quantité de juifs dans les pays arabes avant et après 1948. Vous trouverez sans doute la réponse à la question : « pourquoi ne suis-je pas né en Egypte ? ».

Le pire apartheid du monde

Un des autres enjeux majeurs de la délégitimation d’Israël passe par les accusations d’apartheid. Et là encore, les vilains sionistes s’y prennent vraiment mal. Outre le fait d’avoir accordé aux réfugiés de la guerre de 48 de retourner sur leurs terres (guerre initiée par les Etats arabes dans le but d’anéantir Israël à peine formé, rappelons-le), Israël jouit d’une population multiethnique avec notamment des chrétiens, des druzes, des bahaïs ou des musulmans. En l’occurrence, près de 2,5 millions sur une population de 9 millions. Et le drame d’Israël est de louper complètement l’apartheid : mêmes droits, accès aux plus hautes fonctions, possibilité de faire l’armée, il est absolument raté, cet apartheid. Pas étonnant que l’Afrique du Sud les gronde, eux qui savent en conduire un vrai !

Quelques exemples de notables musulmans en Israël dans cette vidéo ou dans le témoignage à Oxford de cet arabe israélien devraient convaincre les gens qui s’imaginent qu’il y a un apartheid en Israël.

« Oui mais vu ce qui se passe en Palestine… »

J’y ai eu droit pour justifier des discours haineux contre les juifs… OK, pas de problème. La France a frappé la Syrie entre 2015 et 2018. Avec à la clé de nombreux morts civils. 306 887 selon le HCDH de l’ONU en 2023 pour 83 000 combattants chez Daesh.

Bref, en raisonnant ainsi, on légitime les attentats du Bataclan. Après tout, la France les a bien cherchés. Quand on entend pareil raisonnement, on a de quoi avoir peur.

Il est par ailleurs intéressant de noter que les manifestations « pro palestiniennes », i.e. hostiles à Israël et aux juifs ont débuté dès le 7 octobre 2023 et donc 2 jour savant le début de l’intervention israélienne à Gaza. Aux cris de gazer les juifs ou mort aux juifs, bien entendu. Le problème n’est absolument pas la réponse militaire au pogrom… Ni le bien-être des palestiniens.

Peut-on être réfugié de génération en génération ?

Une autre question qui se pose, est de savoir pourquoi les palestiniens disposent de nous jours encore du statut de réfugiés de génération en génération. N’y voyez aucune jalousie de ma part, n’y ayant pas droit : mes parents, réfugiés apatrides ayant chacun obtenu une (voire deux) nationalité et ayant bâti leur vie sans se plaindre.

Alors que l’ONU a proposé une partition en 1948 de l’ex-Palestine mandataire sous contrôle britannique, les arabes ont refusé l’existence d’un Etat juif, spéculant sur leur capacité à l’anéantir en quelques heures. On connait la suite, Israël a gagné la guerre, et les arabes vivant entre le Jourdain et la Méditerranée ont été instrumentalisés dès le premier conflit pour servir d’éternels réfugiés par leurs « frères arabes » afin d’être une épine dans le pied d’Israël. Les égyptiens, les jordaniens, les syriens ou les libanais ont par ailleurs allègrement déporté et massacré leurs réfugiés palestiniens au fil des ans. On en revient à « no jews, no news », ça n’a ému personne.

En résultent d’étonnants réfugiés sur leur propre territoire de l’Autorité palestinienne. Avec un organe de l’ONU dédié à subvenir à leurs besoins (ou plus précisément à celui de leurs dirigeants). Leur situation de misère est entretenue par l’ONU et leurs « frères arabes ». C’est donc logiquement Israël qu’on accuse.

Une classe politique honteuse

Ai-je besoin de mentionner le « Nouveau Front Populaire », la LFI, Manu, Jean-Noël et les autres ? Où était la France pour récupérer les otages à Gaza ? Nulle part. Où était le respect lorsque notre ministre des Affaires Etrangères a reçu les familles d’anciens otages ? Nulle part également.

Un gouvernement et un président qui appellent au cessez-le-feu… sauf quand le hamas le rejette. On n’est pas à une contradiction près. D’ailleurs, il n’y avait pas un cessez-le-feu jusqu’au 6 octobre avant que le… hamas ne le rompe ? Un appel à récupérer les français du « selfie boat » de Greta mais aucun appel à récupérer les vrais otages. Il ne faudrait pas s’attaquer aux vrais problèmes non plus… Un appel à reconnaître un Etat palestinien ? A quel titre ? Au titre qu’ils ont tué assez d’israéliens pour le mériter ? Et comme on le lit ici, c’est sans trop de conditions préalables… Manu est irresponsable. Mais bon, au moins, il a marché contre l’antisémitisme. Ah non. Même pas.

Certains évoquent la peur de « la rue arabe », d’autres, des soupçons de corruption qatarie ou russe. Je vous laisse avec ces réflexions, je n’ai aucune preuve de cela. Le fait est que les juifs de France en souffrent. Et vous pouvez dupliquer ce genre de causes/conséquences à d’autres pays.

Action, réaction

Politique, médias, réseaux sociaux, idiots utiles, mensonges : finalement, les conséquences sont lourdes. Augmentation vertigineuse des actes antisémites, actes discriminatoires dans les universités, déni des agressions, la liste est malheureusement longue. Dernier épisode en date : une synagogue incendiée à Melbourne en plein office et les clients d’un restaurant agressés, ce dernier saccagé. En Australie, en 2025. Pas en Allemagne en 1934.

« Death to the IDF » a été scandé lors des agressions. Suite logique des « pacifiques » appels au meurtres proférés par différents « artistes » récemment. Mais non, l’antisionisme n’a rien à voir avec l’antisémitisme, vous vous faites des idées.

L’Australie souffre également d’une classe politique démissionnaire et laxiste (toutes ressemblance avec un Hexagone serait purement fortuite), en plus d’une naïveté à l’égard de la volonté d’intégration de tous. A leur décharge, si tant est que cela pourrait être excusable, ce phénomène est nouveau, contrairement à ce que l’on connait sous nos latitudes. On ne peut pas faire société sans exiger d’adhérer à des valeurs communes. Agresser ou tuer des gens en fonction de leur origine ou de leur foi ne devrait pas faire partie desdites exigences au sein d’un pays civilisé.

Moralité, en relayant et/ou en cautionnant ces mensonges et cette propagande, les gens jouent un rôle destructeur. On a déjà assez des politiciens, de grâce, n’en rajoutez pas.

Un dernier mot sur l’empathie

Très peu de gens m’ont demandé si ma famille avait été touchée au cours de ces 20 derniers mois. Et peu m’ont demandé comment je me sentais ou si mes séjours en Israël (mai 2024 et décembre 2024) s’étaient bien déroulés malgré le contexte. Pour être franc, je n’en ferai pas le reproche aux gens, ayant moi-même mis 48 heures à prendre réellement conscience de l’ampleur du 7 octobre 2023 et étant parfaitement conscient que les gens ont leurs problèmes, furent-ils futiles, et leur vie à mener. Combien d’entre vous ont été réveillés par des sirènes en pleine nuit ? Combien ont dû foncer vers un abri ? Difficile à imaginer avant de l’avoir vécu. Ca m’est arrivé lors de deux séjours (2022 et 2024).

J’imagine que j’aurais peut-être négligé ce genre de considérations à leur place. J’ai même eu le cas d’un ancien collègue qui m’a dit en substance quelques mois après le pogrom : « je n’ai pas osé t’en parler au début, ta famille va bien » ? Peut-être que d’autres se sont sentis un peu interdits, allez savoir. Je pense que la principale frustration, c’est de voir des gens qu’on aime verser dans la propagande anti-israélienne (dont le dessein est clairement anti-juif, soyons clair) et les fausses informations avec une candeur effrayante et ne pas se soucier de gens qu’ils connaissent. Sans même faire le lien. Sans prendre de recul. Aurai-je été plus malin à leur place ? Bonne question à laquelle je n’aurai sans doute jamais la réponse.

Une chose est certaine : merci à tous ceux qui m’auront lu jusqu’au bout, d’avoir monté l’escalier. Vous n’êtes probablement pas nombreux mais j’insiste pour vous remercier d’avoir consacré quelques minutes à cela. Les commentaires sont ouverts pour échanger autour des thèmes ici développés, comme précisé en introduction. N’hésitez pas à suivre Honest Reporting qui se charge régulièrement de dénoncer les mensonges.

Eric

Aeropark : le musée de l’aéroport de Budapest

Un petit article afin de réactiver un peu ce blog : que diriez-vous d’une nouvelle visite à Budapest ? Direction Aeropark, le musée aéronautique en plein air situé à proximité du Terminal 2B de l’aéroport Ferenc Liszt de Budapest. Par ici la visite !

Aeropark Budapest : l’avion, ça fait lever les yeux

L’article complet est à retrouver sur Le Nouvel Automobiliste avec plus de photos et d’explications, si vous le souhaitez. Retenez simplement que grâce au fait que j’allais chercher mon frère à l’aéroport, j’ai eu l’occasion de passer devant le musée… et de m’y arrêter. Un détour qui vaut le détour, donc !

Aeropark est un musée dédié à l’histoire de l’aviation civile hongroise, avec un accent particulier sur l’ancienne compagnie nationale Malév, qui a cessé ses activités en 2012. Fondé en 1988 et installé à son emplacement actuel depuis 1991, Aeropark est situé près du terminal 2B de l’aéroport international Ferenc Liszt de Budapest. Il  abrite une grande collection d’avions, principalement d’origine soviétique, ayant servi pour Malév et d’autres opérateurs.

Parmi les appareils exposés, on trouve pêle-mêle un Ilyushin Il-18, quelques Tupolev (Tu-134, Tu-154), un Lisunov Li-2, un Let L-410 Turbolet, un Antonov An-2, ou un hélicoptère Mil Mi-2. Il n’y a pas que des choses volantes ou ayant volé qui se trouvent à Aeropark : des équipements au sol, comme des radars, des véhicules de suivi (« Follow Me »), des bus Ikarus aux couleurs de Malév, ou un tracteur de piste Aerotrak figurent au sein du musée, ainsi qu’un simulateur de vol.

Bien entendu, vous me connaissez, il y a aussi une palanquée de voitures (pas toutes exposées lors de ma visite) à l’image de cette Lada 2104 break police, de la Lada 2102 Ziguli break Malév, d’un Avia A20 escalier d’embarquement, au d’autres vieilles VW.

Plus d’informations sur le site du musée qui peut être une bonne dernière étape lors de votre séjour à Budapest. Et retrouvez tout le détail sur Le Nouvel Automobiliste.

Bratislava : renaissance virtuelle de la synagogue néologue

Retour à Bratislava pour mettre en avant un travail réalisé par Tachles TV. Il s’agit de la reconstruction virtuelle de la synagogue néologue et du quartier de Rybné Námestie (ou Place Poisson en français). Avant de vous plonger dans la visite en 3D du quartier et du bâtiment, remettons-nous dans le contexte.

Urbanisme et totalitarisme

La Slovaquie cultive un rapport intéressant avec ses anciennes synagogues. Le pays ne peut pas refaire le passé de l’Etat slovaque de 1939 (Etat fantoche et fasciste affilié au Troisième Reich) et de la Tchécoslovaquie devenue communiste à partir de 1948. Les conséquences sur la communauté juive locale et sur le patrimoine ont été forcément désastreuses, les communistes ayant eu à cœur de réduire le peu qu’il restait de la communauté juive survivante. Il en a résulté pour certains un mouvement de départ vers d’autres pays ou pour d’autres, une identité religieuse plus ou moins cachée. C’est à partir des années 2000 que la Slovaquie a cherché à valoriser son patrimoine de synagogues laissées à l’abandon pour la plupart. On l’a vu à Trnava, par exemple où les deux synagogues ont connu une nouvelle destinée, ou encore à Banská Štiavnica.

Revenons à la Tchécoslovaquie dans ses heures rouges. Malheureusement, les régimes totalitaires prennent souvent un malin plaisir à défigurer les villes. On le voit actuellement avec la municipalité fasciste de Paris, et Bratislava n’y a pas échappé sous le joug communiste. Un pan entier de la vieille ville et en particulier du quartier juif a été rasé. Celui-ci se trouvait entre les remparts et les contreforts du château. Quelques années après la synagogue orthodoxe (1961), la synagogue néologue en a fait les frais le 12 avril 1967. Cette synagogue était un édifice de style mauresque construit en 1893 alors que la communauté juive locale se scindait en deux courants. Un réformiste (néologue) et un autre, orthodoxe, suivant les enseignements du rabbin Chatam Sofer qui avait fondé une importante yeshiva. Par son architecture, la synagogue néologue évoquait la Grande Synagogue de Budapest, en réduction. Après la Seconde Guerre Mondiale, la synagogue avait perdu sa fonction première et servait essentiellement de lieu de stockage en vue d’un éventuel musée de la culture juive qui n’a jamais vu le jour, avant d’être utilisée par la télévision tchécoslovaque puis abandonnée.

Nous sommes le 12 avril 1969 et la construction du Nový Most (le pont surmonté du UFO) ainsi que de la bretelle d’accès a conduit à raser une grande partie de ce qui était entre les contreforts du château et les remparts… autrement dit, une bonne partie de l’ancien quartier juif, si vous avez suivi. Lorsque que l’on superpose la synagogue néologue avec le tracé de la route, on ne peut pas s’empêcher de penser que la destruction de cette dernière aurait pu être évitée. On pourrait supposer une volonté manifeste de raser le bâtiment. Après tout, Paris détruit bien ses fontaines et façades historiques, alors un tel acte n’aurait rien d’impensable dans un Bratislava communiste. Classé par la ville, la synagogue a été revendue à un entrepreneur afin de pouvoir être démolie. La Cathédrale Saint-Martin, à quelques mètres de là, a échappé à ce funeste sort, bien que détériorée par les vibrations engendrées par la rampe d’accès à la route. La restauration de la cathédrale a eu lieu en 1997.

Aujourd’hui, un monument rend hommage à la synagogue disparue, à l’endroit où elle se trouvait, tandis que la place dispose aussi d’une sculpture commémorant les déportations (visibles dans cet article). Quelques rares fragments de la synagogue, notamment les Tables de la Loi et des morceaux de vitraux, peuvent être observés dans la seule synagogue restante de Bratislava, rue Heydukova. Mais grâce au travail réalisé par Tachles TV nous pouvons nous projeter dans un Bratislava d’il y a 100 ans, où la vieille ville était plus vaste et où Rybné Námestie pouvait se vanter de disposer d’un bel édifice comme l’était cette synagogue néologue. A mettre en parallèle avec un pays qui détruit ses églises. Suivez mon regard.

La visite virtuelle est accessible à ce lien. Il est possible d’entrer dans le bâtiment et d’admirer son orgue. Si jamais vous parlez slovaque, ce podcast vous détaillera l’histoire du quartier et de la communauté juive de Bratislava dans les années 60.

Sources : Tachles TV, Dnes 24, Ilcham.sk, Synagogue.sk,

Le Lac de Constance : Bodenwait & Bodensee

Dernière étape autrichienne mais aussi première étape allemande du parcours : nous voici au Lac de Constance. Niché aux contreforts des Alpes, le Lac de Constance est partagé entre l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse. Et d’ailleurs, le Lac de Constance, ou Bodensee, en allemand dans le texte, est en réalité l’association de deux lacs. Explications.

Lac de Constance : deux lacs pour le prix d’un

En effet, le Lac de Constance est composé de deux lacs reliés par une portion du Rhin, longue de 4 km (le Seerhein). Il y a ainsi l’Obersee, ou lac supérieur (selon le cours du fleuve) ainsi que l’Untersee (lac inférieur pour les moins perspicaces). L’Obersee est situé entre l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. Sa superficie est de 473 km² et sa pointe septentrionale située en Allemagne est baptisée Überlinger See. Quant à l’Untersee, son territoire ne s’étant que sur 63 km² entre l’Allemagne et la Suisse, sa partie Nord allemande est appelée Zellersee (ou lac de l’abbaye).

La superficie additionnée du Lac de Constance est ainsi de 536 km² si vous avez la flemme de faire le calcul et les rives du lac présentent une longueur totale de 273 km (173 km en Allemagne, 28 km en Autriche et 72 km en Suisse) pour une longueur de 69,2 km entre Stein am Rhein en Suisse et Brégence en Autriche. C’est ainsi le troisième plus grand lac d’Europe centrale après le lac Balaton (594 km²) et le lac Léman (580 km²).

En partance depuis Salzbourg, on traverse les Alpes Bavaroises et en particulier les superbes… routes des Alpes allemandes. Ca ne s’invente pas, je vous invite à les découvrir ici. Une brève halte à Berchtesgaden, dans le fief d’un ancien écrivain et peintre autrichien, nous permet de déjeuner dans une charmante auberge… Enfin, charmante jusqu’à ce qu’on jette un œil aux cadres sur le mur, rendant hommage aux soldats de la Wehrmacht, morts durant la guerre. Petite nostalgie de l’enfant du pays ? OSS 117 pourrait trouver une amicale d’anciens nazis en cherchant bien. A ce détail de l’Histoire près, on a quand même bien mangé et on reprend la route tandis que le temps ne cesse de se gâter. Nous n’avons pas parcouru les 450 km de routes de montagne faute de pouvoir y passer la journée, mais si jamais le ciel est clément, c’est assurément un beau parcours.

Notre voyage nous emmène ensuite au bord du Lac de Constance pour visiter Meersburg, en Allemagne, où l’exécrable météo ne m’a pas permis de vous offrir de merveilleuses photos. Il faudra se contenter d’une visite du centre-ville et une furtive vue sur le lac avant que la mousson locale ne nous incite à nous réfugier dans la voiture. Quelques mots sur Meersburg tout de même : c’est une ville médiévale de 6000 âmes située entre l’Obersee et l’Überlinger See, entourée de vignobles (et d’eau…). La partie haute (Oberstadt) et basse (Unterstadt) sont connectées par une petite zone piétonne comprenant deux escaliers et une rue pentue (Steigstrasse). Mais puisque la pluie s’invite, direction le bateau pour visiter la ville de Constance (Konztanz), toujours en Allemagne et juste en face de Meersburg. L’occasion de regarder le GPS de la voiture nous indiquer qu’on roule sur l’eau, on s’amuse comme on peut, et on profite de la vue depuis l’embarcation.

Visite au pas de course de Constance, faute de temps : on se contente de regarder l’Imperia, statue rotative de 9 mètres de haut, érigée en 1993 en hommage au Concile de Constance (1414-1418). Si jamais l’information vous importe, la statue effectue une rotation complète en 4 minutes. Avec 85 000 habitants, Constance est la plus grande ville bordant le lac éponyme. A noter que Constance est limitrophe de la Suisse et de la ville de Kreuzlingen, ce qui a préservé la ville allemande des bombardements alliés : en effet, il aurait été trop risqué de viser Constance au risque de toucher Kreuzlingen, la Suisse étant un pays neutre. Je vous laisse avec ces piètres photos du lac et de la ville : il faudra revenir quand il fera beau.

Salzbourg : musique classique et balade contemporaine

On poursuit notre route en Autriche avec une étape incontournable : la ville de Salzbourg. Un nom irrémédiablement associé à Mozart, et une ville qui vaut bien entendu le détour. Alors ne me remerciez pas, on va s’y balader le temps d’une halte.

Salzbourg et le gang des loups aimé de D.ieu Mozart

Salzbourg (ou plutôt Salzburg en allemand), est la capitale du Land éponyme et compte plus de 150 000 habitants. C’est la quatrième ville d’Autriche et est classée au patrimoine de l’UNESCO. Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, la ville n’est pas le « château du sel » (pas plus que Cracovie est la ville du crack…) mais tire son nom de la rivière Salzach et du château qui surplombe la ville. Maintenant, vous saurez. Mais le principal à retenir si vous ne le saviez pas déjà, c’est que Salzburg est la ville de naissance d’un certain Wolfgang Amadeus Mozart.

Par voie de conséquence, vous aurez plein d’occasions de vous en rappeler en visitant la ville, qu’il s’agisse de la maison de naissance du prodige aux boutiques souvenirs. Mozart est partout. Petite curiosité salzbourgeoise, outre Mozart, la ville peut se vanter de disposer du plus vieil établissement d’Europe Centrale. En effet, le restaurant Stiftskeller St. Peter, qui se trouve au sein de l’archi-abbaye Saint-Pierre de Salzbourg, se vante d’avoir été en activité sans interruption depuis 803 ! Soient plus de 1200 années de service et une des plus anciennes entreprises du monde. Mais ne l’ayant su qu’après ma visite, je n’ai pas de photo à vous montrer…

Bien entendu, le centre historique est incontournable avec ses rues ultra touristiques comme la Getreidegasse et ses nombreuses boutiques, ou la Rezidenzplatz. C’était enfin l’occasion de tester l’hôtel Meininger, certes un peu loin du centre à pieds mais dans le style très « Steyr » et disposant de prestations assez cool puisqu’il mêle harmonieusement un hostel avec un hôtel. De quoi rester entre jeunes même quand on gagne sa vie comme un adulte. En revanche, désolé pour les images : les deux visites récentes se sont faites au pas de course et avec une météo un peu maussade.

Attersee : Lake District im Österreich

C’est grâce à un éclair de génie de ma chère et tendre que je vous propose cette brève visite à Attersee. En effet, une grande étendue d’eau apparaissait sur le GPS de la voiture, elle a dézoomé et a proposé d’y aller. Et ce que femme veut, D.ieu veut. Une idée de génie de plus à son actif. Au programme : jolie vue et poisson frais.

Attersee : Fisch und Chips

L’Attersee (également appelé Kammersee) se situe en Haute Autriche et est le plus grand lac de la région du Salzkammergut. Il s’agit là du troisième plus grand lac d’Autriche après le lac de Neusidl et le lac de Constance. Avec plus de 46 km² de surface et une profondeur maximale de 169 m, Attersee est aussi le dernier maillon de la chaîne des lacs de la région. L’eau du lac se jette dans l’Ager, qui se déverse elle-même dans la Traun avant de finir dans le Danube au niveau de Linz. La couleur de l’eau du lac est fort belle et bien que n’ayant vu qu’une petite portion de l’Attersee, il vaut le détour à en juger par les photos disponibles sur Internet.

Attersee Kammersee Autriche

En ce qui nous concerne, notre point d’étape nous mène au Nord du lac, entre Seewachlen et Kammer. De cette première ville, vous verrez quelques images de sa marina, et de Kammer, vous verrez le château (Schloss Kammer) et surtout, le point culminant du début de soirée, attirés que nous étions par l’énorme panneau « Fisch ➔ » : la pause repas au FLOS Hendl & Grill où vous pourrez manger d’excellents poissons grillés à la broche (et ravir les chats du coin avec les restes). Pour paraphraser le coach : ça ne coûte pas plus cher de bien manger. Mais il est déjà tard et la route nous attend. Notons enfin que Gustav Klimt (is wood) a séjourné dans le coin et en a profité pour y peindre quelques œuvres. A défaut de cela, contentez-vous de mes photos.

Baden bei Wien : Casino Thermal

Ayant eu la chance de visiter Vienne près d’une quinzaine de fois, il était enfin temps que je voie autre chose que cette belle capitale (ou que Parndorf) dans la région : direction Baden bei Wien pour une courte halte. Et avec pareil nom, vous vous doutez qu’il y a de quoi se baigner.

Baden bei Wien : spa mal du tout

Située à 26 km au Sud de la capitale autrichienne, Baden bei Wien est une ville thermale disposant de nombreuses sources chaudes. Elle a été classée en 2014 par l’UNESCO au rang de « Grande ville d’eaux d’Europe ». Baden bei Wien se situe dans les Wienerwald, le long de la rivière Schwechat (qui n’est donc pas uniquement un aéroport…). La ville est parsemée de 13 sources chaudes entre 22 et 36 degrés, contenant du gypse. Le principal therme de la ville, le Thermalstrandbad Baden, est un lieu de 25 000 m² comprenant notamment des bassins et une plage de sable. Pas le temps de le visiter, malheureusement, vous vous contenterez d’une photo de l’extérieur du bâtiment.

Avec 26 000 habitants, Baden bei Wien est une petite ville mais recèle quelques attractions, en dehors des bains, à l’image du casino ou de l’aqueduc, bâti en 1870, mais également du superbe hôtel du château Weikersdorf (lui aussi doté d’un spa) et relié à un très beau parc où se déroulent diverses expositions photo. Baden bei Wien dispose enfin de la seule synagogue autrichienne construite avant 1945 à être encore en activité, avec le Stadttempel de Vienne. Et c’est sur la vue de l’hôtel Weikersdorf, que je vous recommande, du parc adjacent et… d’un Unimog qu’on va terminer cet article en attendant la prochaine étape.

Bratislava : dinner with a view au restaurant UFO

Vous vous souvenez du pont SNP (Most SNP) à Bratsilava ? Figure caractéristique de la ville, bien que bâti dans des conditions un peu sinistres, il recèle à son sommet une des attractions de la capitale slovaque : le restaurant panoramique. Vous avez deviné la suite ? C’est l’heure de dîner ! Alors faisons-le avec classe et distinction : ce n’est pas tous les soirs que l’on mange à 85 m du sol.

Digression sur le pont neuf…

Avant d’aborder l’essentiel, parlons un peu du pont (que vous avez vu et revu sur ce blog). Le Most SNP ou Pont du Soulèvement National slovaque, construit entre 1967 en 1972, relie l’ex-quartier juif au quartier de Petržalka, ce dernier étant développé en 1977 avec la construction de nombreux logements préfabriqués (c’est d’ailleurs devenu le quartier de logements sociaux le plus densément peuplé d’Europe Centrale), tandis qu’au pied du château, le quartier juif a été presque intégralement détruit pour construire la route menant au pont. Un mémorial en partie dédié à l’ancienne synagogue est visible dans cet article.

Le pont à haubans est d’architecture asymétrique et traverse le Danube sur 303 m de tablier, pour une longueur totale de 431 m et une largeur de 21 m. Baptisé Most SNP dès 1972, il est rapidement surnommé Nový Most (nouveau pont) par les habitants de Bratislava, au point de devenir l’appellation officielle du pont dès 1993. Mais avec la construction de 3 nouveaux ponts après cela, le Nový Most n’était plus vraiment « Nový » … Du coup, il a repris son nom de Most SNP en mars 2012. Au pied du pont, côté Petržalka, se trouve la plage de Bratislava, entre la rivière et le centre commercial Aupark. A noter que Bratislava a failli disposer du pont ultime : le pont Chuck Norris, reliant la ville à l’Autriche. Mais malgré les 12 000 votes favorables à ce nom, Bratislava s’est dégonflée et n’a pas rendu hommage à l’acteur américain ! Cela étant posé, revenons à notre restaurant.

UFO : restaurant panoramique iconique de Bratislava

D’ordinaire, les extraterrestres posent leur vaisseau spatial aux USA, on l’a notamment vu dans V (la série d’anticipation avec les reptiles progressistes), dans Rencontre du troisième Type ou dans Mars Attacks. Du coup, le fait de voir une soucoupe volante au sommet d’un pont dans un autre pays est la preuve qu’il ne s’agit que d’une construction humaine. L’inspiration spatiale était d’ailleurs un courant architectural assez répandu dans l’ancien Bloc de l’Est et particulièrement en URSS. A ce sujet, je vous renvoie à l’excellent livre Cosmic Communist Constructions Photographed (CCCP, Frédéric Chaubin chez Taschen) pour en découvrir bien d’autres et en comprendre l’origine.

Bref, le restaurant panoramique du pont SNP s’appelle UFO et ce n’est pas pour rien : son look évoque irrémédiablement un engin spatial venu d’ailleurs. On se gare au pied du pont et après 45 secondes d’ascenseur, nous voici dans le restaurant. Vue imprenable sur la ville mais aussi sur la région, du haut des 84,6 m de l’établissement. Le style intérieur est classieux et moderne et le service, très bon. Pour celles et ceux que le gluten évoque la kryptonite, le pain peut être remplacé sur demande par un pain sans gluten. Quant à la cuisine, si elle est bonne et un tant soit peu recherchée, elle n’est pas aussi exceptionnelle que l’établissement pourrait le suggérer. Bien mais pas top, comme le commissaire Bialès. Mais le cadre et la vue rattrapent bien des choses, à commencer par les toilettes encore plus sexys que celles de la tour de la télévision ! Et je tiens par avance à préciser que c’est bien ma copine qui a pris la photo dans les toilettes des femmes. Autant m’éviter un procès…

Une dernière chose, vous pouvez monter sur la terrasse d’observation au-dessus du restaurant, à 95 m de hauteur. Alors profitez-en ! Quoi qu’il en soit, un dîner ou un verre au UFO est une chose à faire avant de quitter Bratislava. Alors en attendant de pouvoir voyager, profitez des photos !

Štrbské Pleso : joyau des Tatras

Il est grand temps de visiter une des plus belles destinations de la Slovaquie, après le Relax de Trnava, naturellement. Je vous emmène à Štrbské Pleso dans les Hautes Tatras (Vysoké Tatry) qui, pour rappel, ne sont pas seulement des voitures ou des camions, mais aussi une chaîne de montagnes culminant à 2494 m. Mais inutile d’aller si haut aujourd’hui, le lac de Štrbské Pleso se situe à 1346 m d’altitude.

Štrbské Pleso : l’âge de glace

Štrbské Pleso (croyez-moi, c’est facile à prononcer) ou Lac de Štrba en français (encore plus simple), est un des lieux incontournables de Slovaquie, en hiver comme en été. Il possède la particularité d’être recouvert de glace 155 jours par an ; le championnat d’Europe de hockey sur glace de 1925 s’est d’ailleurs déroulé sur le lac. Le tremplin de saut à ski, quant à lui, date de 1970. La saison froide est aussi propice au concours de sculptures sur glaces… que je n’ai pas vues, y étant allé en juillet. Et la glace de Štrbské Pleso était d’ailleurs importée dans différentes villes d’AutricheHongrie comme Budapest ou Vienne de 1872 à 1902. Cette glace venait concurrencer les importations de glace norvégienne en Europe. Et dire qu’il suffisait d’aller chez Picard…

Revenons au lac. Štrbské Pleso occupe une superficie de près de 20 ha, sa profondeur maxi est de 20 m. Il est long de 640 m, large de 600 m, c’est un lac d’origine glaciaire, situé au Nord du pays, non loin de la Pologne. Faire la promenade autour du lac constitue naturellement l’activité indispensable, et la vue est superbe. On trouve également sur une petite péninsule, non loin de l’hôtel Kempinski, un monument dédié au Soulèvement National Slovaque (SNP). Petite parenthèse historique, le SNP est un soulèvement armé qui a débuté en août 1944 dans les Tatra, et plus précisément à Banska Bystrica, visant à renverser la Wehrmacht. Je vous renvoie à Wikipedia pour plus d’infos. Retour à notre joli lac : il est également possible d’y faire du bateau, mais le temps ne s’est dégagé que le jour de notre départ. Tant pis ! Mais même par météo maussade, la vue du lac et des montagnes est fort jolie, alors ne boudons pas notre plaisir et profitez des photos de Štrbské Pleso (galerie complète en fin d’article).

Et puisqu’on a parlé du Kempinski, précisons qu’il s’agit de l’hôtel le plus luxueux du lac et qu’à défaut d’y loger, on y a pris le goûter. Très bon et dans un cadre fort agréable. A faire. Le Kempinski permet aussi de profiter de la vue sur l’original hôtel Koliba de forme triangulaire, où nous étions. Arrangez-vous pour avoir vue sur le lac et pour profiter de son excellent spa. Le restaurant Patria, non loin de l’hôtel Koliba vous permettra de varier les plaisirs.

Autre intérêt de Štrbské Pleso : la possibilité de randonner vers le lac de Poprad (Popradské Pleso), également très intéressant… sur le papier. Il nous aurait fallu une journée de plus pour cette randonnée (et des chaussures adaptées…). Mais si vous le pouvez, c’est une bonne occasion de profiter pleinement de la région. Pour les plus courageux, il est également possible de randonner vers le mont Kriváň, le plus haut sommet slovaque (2494 m, si vous avez déjà oublié l’intro). Moralité, si vous allez en Slovaquie, Štrbské Pleso est un endroit incontournable.

Trnava : tournée des synagogues

Après avoir parlé de Trnava sous l’angle du jambon avec le Jarmok puis des marchés de Noël, il est grand temps de passer un grand coup de cacher sur la ville : direction les deux synagogues. Dans les faits, pour le casher, c’est raté, vu qu’aucune des deux n’est désormais exploitée comme telle, résultante directe des événements de la Seconde Guerre Mondiale puis du communisme. Mais alors que sont-elles devenues ?

Un peu de statistique avant de visiter les deux bâtiments : Trnava comprend 10 églises à l’intérieur des remparts, et donc, deux synagogues. Signe qui ne trompe pas, la communauté juive de la ville était ainsi importante avec plus de 2700 âmes en 1930 pour une population de près de 24 000 habitants. Environ 300 juifs sont revenus dans la ville après les déportations tandis que la quasi-totalité a émigré (surtout en Israël) à partir de 1948 (conjonction de la création de l’Etat d’Israël et de la prise de pouvoir par les communistes en Tchécoslovaquie).

Synagóga café : explicit lyrics

Avant d’aller voir la synagogue Status Quo, direction la synagogue orthodoxe de Trnava. Ca sera l’occasion de boire un coup. Récemment rénovée en 2015 et transformée en salon de thé, la synagogue échappe à son triste sort de lieu abandonné pour se muer en Synagóga Café. Alors que le lieu porte toujours ses nombreux marqueurs religieux à travers les murs, les fresques, les tables de la Loi ou l’estrade (Tevah ou Bimah selon vos origines) ou plus prosaïquement son nom, l’aménagement intérieur a été revu de fond en comble, pour devenir un café chaleureux où les zones latérales sont des espaces cosy, décorés par de vieux objets tchécoslovaques tandis que l’espace central permet d’admirer la voûte et l’architecture du lieu. En outre, la carte est variée et réussie. Bref, un lieu incontournable de la ville.

Synagogue Status Quo Ante de Trnava : de ruine à musée

Direction maintenant l’autre synagogue, à peine distante de 100 mètres sur la rue Halenárska. Elle date de la fin du XIXème siècle et est bâtie dans un style mauresque-byzantin. Détruite par un incendie criminel en décembre 1938, elle a longtemps été abandonnée avant d’être enfin rénovée dans les années 2010. Elle est désormais un musée, centre d’art contemporain ainsi qu’une salle d’exposition et de concerts. Devant l’entrée, se dresse un mémorial. Alors que la synagogue orthodoxe arbore un style assez discret, celle-ci fait partie des bâtiments marquants de Trnava avec du fait de son architecture et de son style.

A bientôt pour une autre visite de la ville.

Szentendre : Visite du Retro Design Center

Après avoir copieusement mais insuffisamment arpenté Budapest, direction la ville de Szentendre, à 20 km au Nord de la capitale hongroise. Facilement accessible en HÉV (train suburbain de Budapest), en bateau, à vélo ou en voiture, Szentendre est une destination intéressante à plus d’un titre. Surtout quand on découvre par hasard un musée insolite !

Dr. SzentenDRE

Avant de visiter le musée, un petit laïus sur la ville s’impose. Szentendre a la particularité d’avoir été majoritairement peuplée par des communautés serbes dès le XVIIIème siècle, les minorités grecques et allemandes étant également présentes. La localité était d’ailleurs déjà habitée du temps des romains. Au début du XIXème siècle, de nombreux artistes se sont installés à Szentendre, attirés par le calme ainsi que par la vue sur le coude du Danube. En résulte une charmante ville au bord de l’eau et à flanc de colline, où l’on trouve de sympathiques restaurants et de jolies maisons à observer. On trouve également dans la ville le musée ethnographique en plein air (ou Skanzen… dont le nom rappelle furieusement le Skansen de Stokholm, équivalent suédois !). Le musée permet de voir 400 bâtiments antérieurs au XXème siècle de la Hongrie et constitue une des grandes attractions de la ville… dont vous ne verrez rien étant donné que je ne l’ai pas vu !

Proche de Budapest, la ville de Szentendre est une étape qui vaut le détour et qui permet de découvrir une autre facette de la Hongrie à deux pas de la capitale. C’est aussi une ville qui se distingue par plusieurs musées… Dont celui qui nous intéresse aujourd’hui : le Retro Design Center de Szentendre. Offrons-nous d’abord quelques images de la ville avant de passer au musée :

Place maintenant au Retro Design Center de Szentendre, maintenant que l’on a vu quelques photos de la ville. Attiré par la vue d’une jante de Dacia 1300 sur un mur (véridique…) après avoir garé la voiture un peu loin du resto faute d’avoir trouvé une place, je me rends à l’évidence : je ne suis pas normal. Tant mieux, car nous découvrons un musée très intéressant dont la visite est même indispensable. Accueillis par une Zastava 750 yougoslave peinturlurée et une IZH 2715 soviétique couverte de gazon artificiel, nous montons les escaliers d’une maison : on s’acquitte d’un billet de nous voici à entrer dans un monde révolu : la maison est aménagée comme si la Hongrie était figée dans les années 70 ou 80, certaines pièces étant des reconstitutions de salon, cuisine ou salle de bain, tandis que d’autres servent à exposer des objets divers et variés : jouets, miniatures, objets du quotidien mais aussi une salle dédiée aux nouvelles technologies… de l’époque. Le bon vieux Commodore 64 y trône en bonne place !

La cour de la maison est transformée en parking pour y exposer une vingtaine de véhicules du Bloc de l’Est : Škoda 100, 120 et 1203, Dacia 1300, Oltcit Club, Barkas B1000, Wartburg 353, FSO Polonez, Polski-Fiat 126, Moskvich 412, Lada 2103, ZAZ 968, ou l’inoxydable (au propre comme au figuré) Trabant 601. Bien entendu, un bus Ikarus est à votre disposition, à côté d’un kiosque. Le sous-sol de la maison est aussi dédié à l’automobile et aux motos, avec notamment la Puli, une voiture sans permis hongroise à moteur Diesel (ou électrique sous le nom de Puli Pinguin 4).

Pour plus d’info quant à la partie automobile du musée, je vous renvoie à la suite de l’article sur Le Nouvel Automobiliste !

Budapest : balade en ville

Après vous avoir emmené à la Citadelle, à la patinoire, dans les bains Széchenyi, en haut de la colline de János, dans le quartier juif, et au jardin botanique, je vous propose de conclure ce tour de Budapest avec une galerie d’endroits incontournables de la ville. Ca n’est pas exhaustif mais du coup, ça vous servira d’excuse pour voyager et découvrir le reste !

Budapest, lieu de pèlerinage pour les fans de Michael

Avant toute chose, la ville de Budapest tire son prestige du fait qu’elle est étroitement liée au Roi de la Pop, à D.ieu, à Michael Jackson, donc. La Place des Héros a largement inspirée le teaser de l’album History en 1995 et la ville dispose d’un petit mémorial dédié au King Of Pop, non loin de la Fashion Street et de la grande roue, au coin de la place Erzsébet, devant l’hôtel Kempinski. C’est le Michael Jackson Memorial Tree et inutile de dire que je m’y suis recueilli.

Puisqu’on a évoqué la Place des Héros, allons-y. Elle jouxte le parc Városliget et les bains Széchenyi dont on a déjà parlé. La Place des Héros (ou Hősök tere) a été érigée en 1896 (et achevée en 1900) pour célébrer 1000 ans de présence Magyar dans la région. Classée au patrimoine de l’UNESCO, la place est la plus grande de la ville et est bordée par le Musée des Beaux-Arts ainsi que par le Műcsarnok, une galerie d’arts située à l’opposé.

Toujours côté Pest, direction le Parlement. Construit entre 1885 et 1904, il est le siège de l’assemblée nationale hongroise depuis 1902. D’architecture néogothique, il est le plus grand bâtiment du pays avec 18 000 m² de surface. C’est aussi un des plus grands bâtiments d’Europe, bien qu’il soit loin derrière son homologue roumain (à visiter ici et ). Long de 268 m, large de 123 m et haut de 96 m, son style évoque un peu le Palais de Westminster au Royaume Uni.

Puisqu’on a observé le Parlement, faisons une petite promenade le long du Danube, les berges étant également classées par l’UNESCO. Et traversons le Pont aux chaînes Széchenyi qui nous mène à Buda.

Il suffit alors de monter, à pied ou en funiculaire pour arriver au sommet pour visiter le quartier du Château de Buda où se trouvent la Bibliothèque Nationale Széchényi, la Galerie Nationale Hongroise, et le Musée Historique de Budapest. Et puisqu’on y est, on peut profiter du panorama. Par ailleurs, il est fort agréable de déambuler dans les rues du quartier du château (ou quartier Vár)… qui mènent à l’étape suivante !

A côté, on retrouve le Bastion des Pêcheurs (ou Halászbástya en hongrois). Grande attraction touristique offrant un splendide panorama sur Pest, cette promenade a été bâtie entre 1895 et 1902 dans le style néo-roman. Le Bastion des Pêcheurs tire son nom du fait qu’au Moyen Âge, cette partie de l’enceinte du château était protégée par la guilde des pêcheurs. On y retrouve également l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Budavár.

Avant de nous quitter, quelques conseils pour votre visite : à Buda, près du Bastion des Pêcheurs, se trouve un lieu qui mérite le détour : le Musée de l’Hôpital Bunker. Les photos y étant interdites, je vous invite à visiter le site du musée pour le découvrir. Construit dans les années 30, cet hôpital-bunker a servi durant la Seconde Guerre Mondiale puis pendant l’insurrection du Budapest en 1956. Il a depuis été agrandi en abri antiatomique. Et si vous voulez boire un verre au bord du Danube dans un endroit cool, filez à Kabin et admirez-y le coucher du soleil. Mais ça reste entre nous, faudrait pas que ça devienne trop hype ! Je vous laisse avec ces quelques photos, en attendant la suite.

Budapest : panorama mais presque à la colline János

On poursuit notre visite de Budapest en prenant un peu de hauteur, cette fois. Direction les collines de Buda et plus particulièrement la colline de János. Située à 527 m d’altitude, c’est la plus haute colline de Budapest. Et elle offre un splendide panorama. Du coup ? On y va !

Budapest, colline de János : 360 degrés quelle que soit la saison !

Se mettre au vert en visitant Budapest ? C’est possible, en parcourant la colline Gellért par exemple, qui mène à la Citadelle, que l’on avait déjà visitée. En s’éloignant un peu plus du Danube et du centre-ville, on peut aussi voir encore plus de vert et grimper encore plus haut. Pour cela, direction la colline de János ou János-hegy en hongrois. Pour y accéder, il est possible d’emprunter différents sentiers de trail ou un télésiège, comme à la montagne (à faire, mais je n’ai pas eu l’occasion d’essayer). Mais le plus original sera de prendre le train des enfants. Enfin, sauf si vous vous appelez daniel cohn-bendit, bien entendu.

Toutes mes excuses, par avance, mais je n’ai aucune image dudit train (visible à ce lien). Celui-ci est exploité par des enfants de 10 à 14 ans depuis 1947, lesquels jouent les poinçonneurs, aiguilleurs ou autres employés de gare. Une sorte d’idéal pionnier communiste qui s’est perpétué au fil des ans. Après être descendu du train, une petite ascension vous attend (notez également l’absence d’image de ladite ascension…) et vous voici arrivé au Belvédère Élisabeth (Erzsébet-kilátó, en hongrois). Construite en 1911, la tour a été nommée en l’honneur de l’impératrice Elisabeth (je crois que vous vous en doutiez un peu), épouse de l’empereur François-Joseph Ier, et plus connue sous le nom de Sissi.

Un beau panorama s’offre à vous, plusieurs quartiers de Budapest, dont le parlement sont alors visibles. Par beau temps, il est même possible d’observer les Matra (montagnes hongroises… présentes sur le drapeau slovaque !). Oui, Matra n’est pas seulement un constructeur de super voitures, c’est aussi une chaîne montagneuse située à 80 km de Budapest… Mais comme vous le voyez, vous ne les voyez pas ! J’avais prévenu : uniquement par beau temps. L’orage a grondé à notre désespoir… Mais on a eu le temps de se réfugier dans le bus : direction d’autres balades en ville, on n’en pas fini avec Budapest. A bientôt pour la suite.

Budapest : flower power au jardin botanique

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La première, c’est qu’on va visiter le jardin botanique de Budapest. La seconde, c’est que ce jardin était initialement situé à Trnava ! Scandale ? Il est grand temps d’exiger des réparations ! Bref, direction le jardin botanique de l’Université Loránd Eötvös (ELTE Botanikus Kert).

Budapest, parfum de scandale au jardin botanique

Allez, on commence par une nouvelle qui ne ravira pas mon lectorat attaché à la plus belle ville qui soit, le centre du monde, j’ai nommé Trnava en Slovaquie. En effet, le jardin botanique a été fondé en 1771 et se trouvait initialement à Trnava (Nagyszombat en hongrois… vu qu’à l’époque, c’était un territoire de l’Empire Austro-Hongrois). Je propose a minima une déclaration de guerre pour le récupérer ! Plus sérieusement, le jardin a rapidement déménagé en 1777 à Buda avant de s’installer définitivement à Pest en 1847. Le jardin est entré dans la postérité pour avoir été au centre d’un roman très populaire en Hongrie et dans de nombreux pays : « A Pál utcai fiúk » (Les gars de la rue Paul), de Ferenc Molnár. Le roman a donné lieu à plusieurs adaptations au cinéma et surtout, l’intrigue se passe en partie dans ce jardin, dont le surnom « jardin d’herbe » est carrément devenu le nom officiel du lieu.

Le jardin botanique de l’Université Loránd Eötvös (ELTE Botanikus Kert) est ainsi plus couramment connu sous le nom de ELTE Füvészkert. Situé dans le 8ème arrondissement de la ville, il offre une variété d’environ 12 000 espèces. Plusieurs serres exposent des plantes tropicales, des orchidées, des cactus, fougères ou autres plantes grasses, et la Maison Victoria, bâtie en 1893, comprend un bassin à nénuphars géants d’Amazonie (Victoria Mazonica) ainsi que des fleurs de lotus. Il est bordé de plantes carnivores tandis qu’à l’extérieur, un jardin anglais, une bambouseraie et une roseraie complètent les différents jardins. La visite vaut le détour, bien que le lieu soit un peu excentré par rapport aux endroits touristiques de la ville ; il est cependant très accessible en transport public ou en voiture. Bref, je vous laisse regarder les photos, la visite est gratuite pour vous aujourd’hui.

Budapest : visite du quartier juif

Durant l’Entre-Deux Guerres, la communauté juive de Hongrie était la troisième plus importante d’Europe. Résultante directe d’une vague d’assimilation des juifs dans l’Empire Austro-Hongrois en 1840, la part des habitants juifs en Hongrie a culminé à 5% de la population, soit 800 000 personnes, dont la majorité vivait à Budapest. Par voie de conséquence : une certaine influence dans la ville et pas mal de choses intéressantes à visiter. Du coup, on y va !

Budapest : la plus grande synagogue d’Europe

On va d’abord démystifier l’appellation « quartier juif » : ça ne correspond pas vraiment à l’endroit où vivaient les juifs, pas plus qu’à l’endroit où ils vivent actuellement, étant donné que la communauté a été (et est encore) plus disséminée. Il s’agit en fait du 7ème arrondissement de la ville, où se trouvait le ghetto juif à l’époque où une grande partie de l’Europe était sous le joug d’un mec nationaliste et en même temps socialiste. Le ghetto est apparu relativement tard dans les événements de la guerre, novembre 1944, en l’occurrence, l’occupation nazie de la ville ayant débuté en mars de la même année.

Si la zone renvoie à de tristes déportations vers les camps de la mort, elle désigne aujourd’hui un quartier très touristique du centre-ville de Budapest. Il s’appelle officiellement Erzsébetváros depuis 1882, d’après le nom de la reine Elisabeth (plus connue sous le nom de Sissi) ; l’appellation de « quartier juif » étant essentiellement le fruit des guides touristiques. En premier lieu, se trouve l’incontournable synagogue néologue de Budapest (Grande Synagogue ou Nagy Zsinagóga en hongrois, plus couramment appelée Dohany utcai Zsinagóga), qui se trouve être la plus grande synagogue d’Europe. Tout simplement. Le courant réformateur néologue est certes né à Prague et a influencé les communautés des actuelles Tchéquie, Slovaquie et Hongrie, il n’est plus actif qu’en Hongrie où il reste le courant juif majoritaire pour le moment. La Grande Synagogue compte 3 500 places et est également la seconde plus grande synagogue du monde en termes de capacités d’accueil après le Temple Emanu-El de New York.

L’édifice a été construit entre 1854 et 1859 par l’architecte viennois Ludwig Förster dans le style mauresque, avec un style intérieur dû en partie à Frigyes Feszl. Cette synagogue se distingue aussi par les éléments d’aménagements chrétiens apportés par son architecte… catholique : table de lecture de la Torah au fond du bâtiment (plutôt qu’au milieu), décoration ostentatoire, présence de deux chaires latérales. La Grande Synagogue de Budapest est aussi l’une des rares à posséder un orgue (avec la Grande synagogue de la Victoire à Paris ou la synagogue Espagnole à Prague). Dans la cour de la synagogue, se trouve le parc Raoul Wallenberg où se dresse l’Arbre de Vie, monument dédié aux victimes de la Shoah. Réalisé par l’artiste Imre Varga en 1991, ce saule pleureur à la mémoire des 600 000 juifs hongrois tués par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale a été en partie financé par l’acteur Tony Curtis.

Sortons dans les rues maintenant pour admirer quelques sympathiques détails comme ce Rubik’s Cube en fresque murale, hommage à l’invention de Ernő Rubik. On y voit également de nombreux immeubles néoclassiques, Art Déco, Art Nouveau ou de style éclectique des XIXème et XXème siècles. Alors que certains immeubles ont été bien rénovés, d’autres abandonnés ont donné lieu à des ruinbars, comme le Szimpla. Un quartier à explorer de jour comme de nuit.

Outre la Grande Synagogues, d’autres synagogues orthodoxes ou néologues sont visibles à l’image de celle, orthodoxe (statu quo ante) de la rue Rumbach, visible sur les photos. Enfin, de nombreux restaurants proposent une gastronomie juive (comme Hanna ou Carmel, glatt casher) mais je vous recommande le Mazel Tov (pas strictement casher) aussi bien pour son ambiance que pour sa cuisine. Prévoyez de réserver… ou de faire la queue !

Budapest : immersion dans les bains Széchenyi

Budapest est une formidable capitale qui peut se targuer de nombreux bains, mais je n’évoquerai que celui-ci dans la mesure où c’est celui que j’ai le plus fréquenté parmi les rares que j’ai fréquenté… et c’est le seul dont j’ai plein de photos. Le choix est donc vite vu : je vous emmène à la (re)récouverte des bains Széchenyi, au sein du parc Városliget… si vous avez suivi, c’est à côté de la patinoire et de la Place des Héros, donc.

Széchenyi : les plus grands thermes de Budapest

Les bains de Széchenyi, ou Széchenyi gyógyfürdő en hongrois dans le texte, sont les thermes principaux de Budapest. Il s’agit d’ailleurs d’un des plus grands établissements thermaux d’Europe. Situé au Nord de la Place des Héros dans le parc de Városliget, il a été bâti en 1909 dans un style néo-baroque par l’architecte Eugene Schmitterer sur un dessin de Győző Czigler. Des travaux d’agrandissement ont eu lieu en 1927 pour donner aux bains Széchenyi leur physionomie actuelle. Et pour votre culture inutile, sachez que l’établissement tient son nom du comte István Széchenyi, homme politique et économiste hongrois du XIXème siècle. Comme on l’a dit juste au-dessus, il est situé au sein du quartier de Városliget, donc, et je vous offre en prime une vue d’avion des lieux (où vous apercevez aussi la patinoire, le zoo et la Place des Héros). Asseyez-vous à droite de l’appareil sur un vol Paris-Budapest, conseil d’ami.

L’eau des bains Széchenyi provient de deux sources chaudes de 74° C et 77° C. L’eau y est composée de calcium, de magnésium, d’hydrocarbonate, de sodium et de sulfate. Széchenyi dispose de plusieurs bassins intérieurs et extérieurs ainsi que de diverses autres prestations comme des saunas, jacuzzi, ou massages. Les trois bassins extérieurs ont chacun leur température et leur fonction : une piscine à 27 °C, un bassin chaud avec jacuzzis et courant à 34 °C ainsi qu’un bassin encore plus chaud à 38° C. On trouve également des bassins froids (18 °C) à l’intérieur en plus d’autres bains chauds.

Széchenyi est en outre un superbe endroit, comme vous pouvez le voir en images : piège à touristes, certes mais aussi piège à locaux. Et franchement, ça mérite largement le détour. Je ne compte plus les fois où j’y suis allé (10 fois si mes calculs sont bons…). Et ce à n’importe quelle saison, y compris sous la neige : nager en pareil endroit est fort exquis. Bref, vivement la prochaine fois.

Budapest : Városliget ou la plus grande patinoire d’Europe

Et si on retournait à Budapest pour une activité de saison ? Direction la Place des Héros, et plus précisément le bâtiment qui se trouve à l’Est de la place : c’est l’entrée de la patinoire du parc Városliget, un lieu particulièrement magique en cette période de fêtes de fin d’année.

Glisse nocturne à la patinoire Városliget

La patinoire en plein air du parc Városliget est la plus grande d’Europe. Városliget, le nom du quartier situé dans le 14ème arrondissement, signifie en Hongrois le « bois de ville ». Chaque hiver, le lac de ce grand parc de Budapest, situé entre la place des Héros et le château de Vajdahunyad, se transforme en patinoire. Vraiment immense, elle vous plonge dans un cadre d’exception et permet de patiner (avec plus ou moins de bonheur selon votre niveau, ceux qui me connaissent… me connaissent), en profitant de la magie de Budapest et de Noël.

De style haussmannien, le bâtiment date de 1870 et a fraîchement été rénové. Ne vous laissez surtout pas décourager par la queue, l’attente vaut largement le détour et il y a de quoi louer des patins sur place.

Concrètement, vous vous trouvez sur le lac gelé, entre un château et un grand bâtiment haussmannien avec des décorations de Noël, divers effluves de Glühwein et de mets de saison dans une ambiance musicale assez variée afin de satisfaire tout le monde. Vraiment incontournable, même si le patinage n’est pas votre truc, ne serait-ce que pour l’ambiance magique distillée par le lieu. De quoi passer un début de soirée exceptionnel.

Piešťany : la plus grande ville thermale de Slovaquie

La ville de Piešťany est renommée pour ses sources thermales et n’est autre que la plus grande ville thermale de Slovaquie. Mais ça, vous le savez étant donné que vous avez lu le titre. Mais comme vous êtes curieux d’en savoir plus, je vous y emmène pour une brève balade suivie d’une baignade.

Piešťany : Mud Day !

Située dans la région de Trnava, la ville de Piešťany (Pöstyén en hongrois) est peuplée de 28 000 habitants et tire son nom des bancs de sables (piesok) autour de la rivière Váh (on l’avait croisée en aval à Šoporňa). Piešťany est notamment jumelée avec Budapest (du moins le 11ème arrondissement) et Eilat. L’attraction principale de la ville est, outre son église, l’île des spas, reliée à la ville par le Kolonádový most, un pont d’architecture fonctionnaliste.

Située entre deux branches de la Váh, l’île des spas comprend plusieurs sources chaudes (environ 68 degrés), provenant d’une faille tectonique de 2000 m. Les boues sulfureuses extraites de la rivière sont utilisées par les spas : testé et approuvé dans un bain à 39 degrés.

L’île regroupe différents spas plus ou moins glamours (certains relèvent d’une architecture « délicieusement » socialiste, tandis que d’autres méritent vraiment qu’on s’y attarde, comme l’établissement Irma dont je vous montre quelques images.

Lac de Neusidl : aqueux coucou

Article éclair pour une visite éclair : un passage de quelques minutes au lac de Neusidl. Pourquoi ? Parce que j’ai récupéré ma berline de luxe à Bratislava et que j’avais envie de ne pas rentrer directement à la maison : coup d’œil sur la carte : grande étendue d’eau pas loin. On entre la destination dans le GPS et go.

Neusidl See, sex and sunset

Le lac de Neusiedl (ou lac Fertő en hongrois) est le deuxième plus grand lac de steppe d’Europe centrale après le Balaton, situé en Hongrie. Il se trouve à la frontière entre l’Autriche et la Hongrie, non loin de Bratislava, donc mais surtout au Sud de Vienne et à proximité de Parndorf (LE lieu où aller faire ses achats). Le lac de Neusidl jouit d’une superficie de 315 km², dont 240 km² sont situés sur le territoire autrichien tandis que 75 km² sont en Hongrie. Du Nord au Sud, le lac mesure 36 kilomètres de long pour une largeur de 6 à 12 kilomètres d’Est en Ouest. La profondeur du lac n’excède pas les 180 cm ce qui fait que je peux malgré tout y boire la tasse.

Pas grand-chose à vous dire si ce n’est qu’il y a pas mal d’activités sportives et de nature autour du lac et même sur le lac y compris quand il est gelé. Arrivé tard et sans appareil photo, pas de miracle, désolé, mais j’ai croisé une Steyr Fiat 124. Et ça, c’est cool.

Prague : courte visite de courtoisie et américaines

En temps normal, je serai allé à Prague plus d’une fois, mais voilà : nous ne sommes pas en temps normal depuis que des mecs bouffent des pangolins sur lesquels des chauves-souris ont pris soin de déféquer en plein marché. Du coup, je n’ai qu’un simple passage en ville à vous offrir et rien de croustillant à vous faire découvrir. A défaut d’une vraie visite de la capitale tchèque, quelques photos. Et quelques voitures. On ne se refait pas.

Prague : the West is the best

Une fois n’est pas coutume sur ce blog (il y a d’autres endroits pour ça), on va se focaliser sur des voitures. Et pardonnez-moi, il ne sera pas ici question de Tatra ou d’autres joyeusetés de l’Est (il y a aussi d’autre endroits pour ça…), mais bien d’américaines. On est capitaliste en Cadillac ou on ne l’est pas, non ? Direction la vieille ville au dos de la synagogue espagnole pour retrouver une Cadillac, justement : parquée devant le bar Hangar, une jolie Eldorado 1963 aux couleurs de la Pan Am vient superbement décorer la rue, tandis qu’une Dodge Royale V8 1954 est stationnée devant l’Aloha à 20 mètres de là. Un peu plus loin se trouvent une Chevrolet Impala 4.6 1958 ainsi qu’une Cadillac Eldorado 1959 (avec une photo de ¾ avant prise à l’été 2019, les autres ayant été faites à l’automne dernier). C’est cadeau, il n’y a qu’à admirer :

Et comme Prague est une superbe ville, je ne vais pas vous priver de quelques clichés, bien que la visite fût brève et terriblement incomplète. Pas de Pont Charles, de palais présidentiel, de rue étroite, de mur face à l’ambassade de France, de Dancing House, pas plus qu’on ne s’attardera dans le quartier juif, tout juste ferons-nous une visite près du vieux centre vers Václavské náměstí avecla Galerie Lucerna et le Musée National de Prague ou l’incontournable horloge astronomique. Ca vous donnera quand même droit à quelques clichés pour agrémenter l’article : il n’y a pas que les voitures dans la vie. Paraît-il. Bref, visite trop courte, va falloir y re-re-re-re-re-re-re-retourner…

Bratislava : balade en ville

Et si on déambulait un peu au sein de la Capitale slovaque ? Après vous avoir donné un aperçu de Bratislava, vous avoir emmené au musée Danubiana et au Musée du Design Slovaque, vous avoir fait grimper au Slavin et au Kamzik, il est grand temps d’arpenter le centre-ville. Ideme !

Bratislava au fil de la pellicule

Comme la dernière fois, on part de la synagogue étant donné que j’ai trouvé une place de stationnement gratuite à côté. Petit coup d’œil à la façade de l’édifice de style cubique et on file vers le centre-ville. Premier arrêt en direction de la mairie avant de rejoindre l’ambassade de France sur la place qui n’avait pas encore retrouvé son soldat de bronze, encore en rénovation à l’époque. C’est également là, sur la place Hlavné Namestie, que nous étions pour les marchés de Noël.

Puisqu’il faut bien manger, c’est l’occasion de tester un brunch dans un resto au doux nom francophone : Mon Dieu. Une fort bonne adresse, j’y suis d’ailleurs retourné. Et la météo aussi a tourné, le temps que je finisse de manger (i.e. longtemps).

Direction le mémorial en lieu et place de la synagogue néologue, détruite en 1967, la place abritant une expo temporaire autour de feu ce joli bâtiment et de quasi-feue la communauté juive slovaque.

Cette fois, pas de montée au château déjà amplement réalisée (et refaite depuis…), retour vers la voiture en passant par l’ancien théâtre national slovaque puis par la mairie, de nouveau, histoire de photographier un truc que je n’avais pas encore pris.

Allez, on triche un peu : j’ajoute quelques clichés du palais présidentiel, de l’université et de la rue commerçante où se trouvent le musée du design slovaque ainsi que l’évitable Slovak Pub. Voici pour la balade du jour, en attendant la suite.

Slovaquie – France : lourde défaite hexagonale face au Covid-19

Et si on faisait un point sur la situation en Slovaquie, 3 mois après l’apparition du premier cas de Covid-19 dans le pays ? Pour ce faire, je vous propose un comparatif avec la situation en France sur la base de données équivalentes afin d’observer les effets des situations respectives de chaque pays, qu’il s’agisse des mesures mises en place et du temps de réaction face aux premiers cas. Place aux chiffres et aux hypothèses de départ.

Covid-19 : un décalage temporel et démographique

Si la France n’a pas été le premier pays touché par l’épidémie, elle l’a néanmoins été avant la Slovaquie, avec environ 6 semaines d’avance sur elle. La Chine était déjà infectée depuis le premier décembre, s’en sont suivis notamment la Thaïlande (13 janvier), le Japon (16 janvier), la Corée du Sud et les USA (20 janvier), Taïwan (21 janvier) ou Singapour (22 janvier). La France a connu ses deux premiers cas le 24 janvier. L’Italie qui a payé un lourd tribut n’a pourtant été infectée « que » le 30 janvier. Quant à la Slovaquie, c’est le 6 mars que le premier cas est confirmé par les autorités. 6 semaines se sont ainsi écoulées entre l’apparition de la maladie en France et en Slovaquie.

L’autre grosse différence entre la France et la Slovaquie, c’est la population : près de 67 millions d’habitants contre environ 5,5 pour le jeune pays slovaque. Cela donne un ratio de 12,5 pour 1. Je vais ainsi intégrer ce ratio en plus du décalage de 6 semaines pour comparer les chiffres des deux pays.

France-Slovaquie : deux politiques sanitaires distinctes

Je ferai ici l’impasse sur les mesures liées au soutien à l’économie pour me focaliser sur les aspects sanitaires. Encore une fois, on va débuter par un peu de chronologie. Jeudi 12 mars, la Slovaquie affiche 16 cas de Covid-19 sur son territoire et zéro mort. La décision est prise de fermer dès le lendemain 7h00 du matin les frontières, aéroports, centres de loisirs, centres sportifs, stations de ski, restaurants et écoles dans l’ensemble du pays. A noter que de nombreuses écoles avaient déjà fermé dès le début de la semaine. Le lundi suivant (16 mars), les masques deviennent obligatoires dans les lieux publics. Les déplacements non essentiels sont déconseillés mais pas interdits.

A contrario, la France attend le 17 mars pour donner le top départ du confinement, après 7 730 cas et 175 décès. Les masques ne sont pas encore disponibles en France, la communication est plus que désastreuse puisqu’elle oscille entre déni et mensonge quant à leur utilité, je passe rapidement sur le reste (démission de la ministre de la santé pour briguer la Mairie de Paris, organisation du premier tour des municipales en pleine épidémie avec les conséquences que l’on sait, consignes gouvernementales aux antipodes des réflexes sanitaires…). La liste est longue. De son côté, l’exécutif slovaque s’affiche constamment avec des masques. La différence en termes d’image est de taille. Passons aux chiffres.

Victoire de la Slovaquie par KO

Comme vu plus haut, je fais le choix de comparer les chiffres à 6 semaines d’intervalle afin d’intégrer le décalage temporel de l’arrivée de la maladie dans les deux pays. Je pars du principe que chaque pays compte les morts et la quantité de personnes testés avec une honnêteté comparable et j’ajoute une notion de « Slovaquie à iso-population » qui correspond aux chiffres slovaques multipliés par 12,5 pour simuler une population aussi importante que celle de la France.

Le constat est assez accablant : 58 fois moins de morts en Slovaquie à « iso-population » et 4,5 fois plus de personnes testées en proportion d’habitants. Je vous laisse tirer les conclusions que vous voulez, je rappellerai simplement les mots d’Edouard Philippe : « je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement ». Il a raison, ça serait trop réducteur quant aux maux des décisions du gouvernement français. A méditer pour les prochaines élections nationales ?

Sources : Ambassade de France en Slovaquie, Science et Avenir (ici et ), Info Du Jour, Wikipedia.

Šoporňa : au fil de l’eau

Souvenir d’avant confinement : vu que je n’avais pas trop d’inspiration, autant en profiter pour une courte balade au soleil. Je ne vous cache pas que cela n’aura rien d’un incontournable si vous allez en Slovaquie : c’est simplement que je ne pouvais pas aller très loin en ce début de fermeture des frontières et qu’il fallait simplement prendre l’air. Donc ne vous attendez à rien de spécial, direction Šoporňa.

Šoporňa : parce que je n’avais pas d’autre idée

Et faute d’avoir la mer en Slovaquie, j’y suis allé pour son cours d’eau : la rivière Váh. C’est un affluent du Danube et, avec ses 403 km de long, le Váh est la plus longue rivière de la Slovaquie. Il prend naissance dans les Basses Tatras pour rejoindre le Danube au niveau de la ville de Komárno. Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Du coup, je vous invite à voir les photos.

Bratislava : le Musée du Design Slovaque

Parce qu’il n’y a pas que les voitures dans la vie, il faut aussi se cultiver pour paraître intelligent durant les soirées de l’ambassadeur. Et si on allait au musée ? Ca tombe bien, on y va. Après la visite du Danubiana Meulensteen Art Museum, rendez-vous vers le centre de Bratislava pour découvrir le Musée du Design Slovaque.

Culture club : on va au Musée du Design Slovaque

Le Musée du Design Slovaque émane du Centre Slovaque du Design de Bratislava et a été créé le 31 décembre 2013. Soit la veille d’un lendemain de fête. Mais la constitution des différentes collections a débuté en amont. On va tout de suite débuter par le meilleur côté du musée : il est gratuit. Pour la modique somme de zéro Euro, vous pourrez vous y balader et y découvrir les diverses collections qui y sont exposées. Voire pour profiter des toilettes sans payer quoi que ce soit. Ce qui, mine de rien, est toujours cool. D’autant plus qu’il est situé en centre-ville au croisement de Mariánska et de Obchodná (la rue commerçante traversée par le tramway), à deux pas de la synagogue.

Le Musée du Design Slovaque ou SCD (Slovenské Centrum Dizajnu) regroupe plusieurs galeries, liées aux arts décoratifs, industriels ou créatifs dont le dénominateur commun est l’origine de leurs designers. Alors que le rez-de-chaussée était dévolu à quelques tenues plus ou moins excentriques, ainsi qu’à une projection, le plus intéressant pour moi avait lieu à l’étage.

Le second accueil du musée s’y trouve et deux scooter Jawa tchécoslovaques plantent le décor. Au gré du parcours, de nombreux objets manufacturés de la période tchécoslovaque sont présentés : téléphones, autoradios, jouets, téléviseurs, prêt à porter, mobilier intérieur, je vous laisse regarder. Parmi les curiosités, on trouve des affiches de films différentes des affiches que l’on a connu en France. Pour l’explication, je vous renvoie à ma visite du MNAC à Bucarest : ça vous donnera aussi l’occasion de réviser vos classiques.

Une Tatra au pays des Tatra !

Clou du spectacle ? Si jamais, comme votre hôte, vous êtes passionnés par les voitures et que vous avez une perversion malsaine pour quelques curiosités du Bloc de l’Est, vous serez ravis d’apprendre que la maquette en clay de la Tatra 603 X berline s’y trouve, car dessinée par un slovaque : Ján Cina. En effet, le constructeur Tatra, qui pour rappel, produisait des voitures haut de gamme et fabrique toujours des poids-lourds, disposait d’une antenne de design à Bratislava. Deux autres maquettes de voitures se trouvent au musée mais peu d’information y sont indiquées. Quant aux T603 X Coupé et Break, elle n’ont pas dépassé le stade de la maquette, contrairement à la berline 4 portes et aucun des projets Tatra 603 X n’a débouché sur un modèle de série. C’est finalement la proposition des italiens de Vignale qui l’a emportée pour la T613, remplaçante de la T603. J’y reviendrai plus en détail sur Le Nouvel Automobiliste, stay tuned.

Bratislava : visite du Slavín

Puis que nous avons arpenté la tour de la télévision de Bratislava, au sommet de la colline du Kamzík, attaquons-nous à une autre colline à visiter au sein de la Capitale slovaque : c’est dans le quartier huppé où se trouvent également nombres d’ambassades que l’on se rend afin de voir un grand mémorial, 8 mai oblige : le Slavín. Allons-y !

Slavín : mémorial sans demi-mesure

Le mémorial Slavín est ainsi érigé sur les hauteurs de Bratislava. Les abords sont assez agréables pour se balader avec une agréable vue sur la ville, les résidences et autres ambassades du quartier.

Mais une fois parvenu jusqu’au mémorial, le panorama sur la capitale n’en est que plus agréable et le Slavín surprend par sa taille imposante : un mausolée se trouve au pied d’un obélisque de 42 m de haut, lequel est surmonté d’une statue de 12,5 m représentant un soldat sculpté par l’artiste slovaque Alexander Trizuljak. Il s’agit d’un soldat russe brandissant le drapeau de la victoire contre le nazisme : le Slavín est, vous l’aurez deviné, un mémorial commémorant la libération de Bratislava par l’Armée Rouge en avril 1945 face aux forces de Wehrmacht.

Construit entre 1957 et 1960 par l’architecte Ján Svetlík, le Slavín a été inauguré le 3 avril 1960 à l’occasion du 15ème anniversaire de la libération de Bratislava. Répartis entre 278 tombes et 6 ossuaires, les 6 845 soldats soviétiques tombés dans les combats reposent dans ce mémorial. Le nombre de soldats ici enterrés en fait un des plus grands cimetières militaires russes de la Seconde Guerre Mondiale. Enfin le parc qui entoure le Slavín regroupe également des statues d’artistes slovaques comme Jan Kulich, Tibor Bártfay et Jozef Kostka. Le mémorial est accessible à pieds depuis le centre-ville, un peu plus de 2 km et moins de 30 minutes pour les plus courageux.

Bratislava : la tour de la télévision du Kamzík

Un petit tour à Bratislava ? Je vous emmène au sommet, au sommet de la ville au sens large, en haut du Kamzík -la plus haute colline de la Capitale slovaque, à 433 m d’altitude. Qu’y trouve-t-on ? Pour peu que vous vous souveniez encore du titre de l’article 3 lignes au-dessus, vous aurez aisément deviné : la tour de la télévision y siège. Alors montons.

Tour de la télévision du Kamzík : l’autre losange

Déformation professionnelle, la tour se distingue par son allure en logo Renault allongé. Outre sa forme de losange, elle est haute de 194 m (199,9 m en comptant l’antenne qui la surmonte) et, comme vous l’aurez de nouveau deviné en ayant lu l’introduction, elle doit son nom au mont Kamzík, qui domine l’agglomération de Bratislava.

La tour de la télévision et son allure particulière a été construite entre 1964 et 1974 par les architectes Stanislav Májek, Jakub Tomašák, Juraj Kozák, Milan Jurica et Ján Privitzer. Maintenant, vous savez. Il s’agit donc d’un émetteur de télévision mais aussi de radio. L’édifice abrite également un restaurant panoramique, et une plate-forme d’observation : d’où notre visite. Le temps est clair, le ventre demande à être rempli, on grimpe la colline… en voiture. Mais il est tout à fait possible de se garer plus bas et de profiter de l’occasion pour courir ou se promener sur la colline, comme le font pas mal d’habitants de Bratislava.

Mieux vaut réserver pour éviter l’attente mais le lieu est assez sympa : le restaurant est surmonté d’un bar (qui sert aussi à manger). C’est de là que j’ai profité de la tour avec une vue fort agréable sur la ville, un dessert en forme de… tour – à base de chocolat et de mousse de fraise- et surtout, des toilettes avec une vue imprenable sur la région. Priceless. La tour de la télévision du Kamzík vaut le détour, tant que vous prenez soin de vérifier la météo avant de partir.

Musée Oskar Schindler : incontournable

On l’avait évoqué précédemment, l’un des incontournables à visiter à Cracovie est le musée Oskar Schindler. On ne présente plus ce héros, immortalisé par La Liste de Schindler de Steven Spielberg. Situé au Sud de la ville, le musée occupe l’ancienne usine de Schindler et est remarquable à visiter. Et comme vous pouvez vous en douter, ça n’a rien de joyeux.

Oskar Schindler : un musée à la hauteur de l’homme

Le musée se propose de constituer une frise chronologique de la Pologne de 1930 à 1945 à travers votre parcours. Vous êtes plongés dans le contexte du pays avant la guerre, disposez de clés de compréhension au fil de votre avancée dans le parcours et les années, vivez l’arrivée des nazis, voyez les différentes mesures prises à l’encontre des polonais et en particulier des juifs, vous retrouvez littéralement enfermés dans une reproduction du ghetto qui devient de plus en plus obscure jusqu’à ce que vous retrouviez une lumière naturelle au détour d’un virage (la lumière est artificielle mais très réaliste, cela dit). Vous posez alors vos pieds sur du gravier et êtes entourés de barbelés. La sensation est littéralement glaçante. Vous voici dans les camps de la mort. Sur quelques mètres carrés. Glaçant, vous dis-je. Et tandis que vous poursuivez la visite, notamment en passant par le bureau d’Oskar Schindler, vous terminez en foulant un sol chaotique, métaphore des ruines de l’immédiat d’après-guerre, tandis qu’un grand portrait de Staline vous fait comprendre que vous n’êtes pas au bout de vos peines. Mais la chronologie s’arrête ici.

Le musée aurait mérité que j’y passe plus de temps : je n’avais qu’une heure et demie avant de reprendre la route. Le double aurait été préférable pour en tirer la quintessence. Je n’ai que peu de photos à vous proposer, tant la visite était captivante. Bref, un musée à faire absolument si vous passez à Cracovie.

Mines de sel de Wieliczka : plus de poudre blanche

Outre la ville de Cracovie, les alentours regorgent de lieux incontournables. Les camps d’extermination d’Auschwitz et de Birkenau en font partie, de même que le musée Oskar Schindler. Ce dernier fera l’objet d’un court article, les deux premiers, non, les ayant visités il y a 11 ans (déjà…) mais pas cette année. Pour aujourd’hui, l’autre incontournable de notre visite est situé à 14 km au Sud Est de Cracovie : les mines de sel de Wieliczka. Alors allons-y.

Wieliczka : sel que j’aime

Les mines de sel de Wieliczka ont été exploitées depuis le XIIIème siècle et jusqu’en 1996, le souterrain représentant 300 km de galeries sur 9 niveaux, excusez du peu. Inscrites depuis 1978 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, les mines de sel de Wieliczka abritent également un centre de conférences de plus de 1 000 places permettant d’organiser des spectacles et des compétitions sportives à 125 m sous terre ainsi qu’un musée à 135 m de profondeur. Un sanatorium se trouve également à plus de 200 m sous terre.

Les mines de sel valent particulièrement le coup pour leurs innombrables sculptures de sel illustrant notamment la légende de la découverte de la mine ou présentant les portraits de polonais célèbres à l’instar de Copernic ou Jean-Paul II. Ce qui nous mène tout droit au clou du spectacle : la chapelle St Kinga, une sorte de cathédrale creusée dans le sel, du sol au plafond, ornée de statues et de reliefs représentant plusieurs scènes à commencer par la cène, la fuite en Égypte, le miracle de Cana, la naissance du Christ, l’ordre d’Hérode, le massacre des Innocents, le Christ enseignant dans le temple, saint Thomas l’incrédule, et le Christ crucifié). Une crèche de Noël s’y trouve également, de quoi donner des boutons aux gauchistes qui aiment caresser les barbus dans le sens du poil au nom de la laïcité… mais je m’égare. Regardez plutôt les images et bonne visite !

Cracovie : redécouverte depuis le quartier juif

Puisque je ne vous emmène pas assez en Pologne, ici-bas, direction Cracovie pour une visite de la ville. Dans un second temps et même un troisième, je vous proposerai les mines de sel de Wieliczka et le musée Schindler. Rythme ternaire, pas le temps de valser, on commence par Cracovie située au Sud du pays et donc à portée de voiture de la Slovaquie, bien que la route soit longue.

Cracovie et la poudre blanche

Située le long de la rivière Vistule, Cracovie est la seconde ville de Pologne (après Varsovie, donc), avec 770 000 habitants et le double en comptant l’agglomération. La ville peut se vanter de disposer d’une des plus vieilles universités d’Europe Centrale et doit surtout son développement à un trésor en son sol : le crack. D’où le nom Cracovie. Ah, non, en fait, il s’agit du sel, la poudre blanche ayant fait la fortune de la cité, comme en Floride à l’époque de Tony Montana. C’est ainsi grâce aux mines de sel de Wieliczka (on y reviendra) que la ville doit son essor économique, le sel et l’argent valant le même prix au moyen-âge. A cette époque, Cracovie appartient à la Ligue Hanséatique puis abrite les monarques polonais du XVème au XVIIème siècle. C’est enfin la ville d’un archevêque qui a connu une sacrée promotion en 1978 : le Pape Jean-Paul II (Karol Wojtyla). Bref, une riche Histoire.

Redécouverte par le quartier juif

Petite mise en situation pour commencer : j’arrive en ville par un épais brouillard et une température oscillant entre 1 et 3 degrés. La nuit étant tombée depuis 17h, cela confère une atmosphère particulière à mon entrée dans Cracovie. Le temps de poser les affaires au Dada Boutique Home Hotel dont l’une des particularités est d’avoir des chambres non numérotées (à l’exception de la 13…) et me voici à déambuler dans le quartier juif le jouxtant. Et quelque chose de particulier vous rappelle rapidement le poids de l’Histoire : le quartier juif semble conséquent mais vidé se ses juifs. Faut dire qu’il s’est passé des choses à la fin des années 30.

Le mouvement progressiste d’alors, qui se voulait nationaliste et en même temps socialiste ayant donné un sens pas hyper cool à l’Histoire, plus de 90% de la population juive de Pologne a été exterminée. De 60 000 à l’aube du second conflit mondial, la population s’est retrouvée fortement diminuée et les problèmes ne se sont pas arrêtés là, comme en témoigne le pogrom de 1945 ou les procès communistes à l’encontre des juifs dans les années 60.

Et pourtant, le quartier juif est bien là, riches de restaurants et d’innombrables rappels de l’importance de feue la communauté locale. En réalité, le quartier juif doit une bonne partie de sa renaissance au film La Liste de Schindler qui a ramené son lot de touristes vers les lieux. On y trouve un curieux mélange de culture juive dans un environnement quasiment dépourvu de juifs.

Alors parmi les lieux incontournables, autant citer le restaurant Chajim Kohan, fort de sa décoration, de son atmosphère (pour le coup, il a une gueule d’atmosphère) et, bien entendu, de sa cuisine. Et puis avouer que ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de manger sur une machine à coudre, à défaut d’être particulièrement commode (la seule du resto, rassurez-vous). Le coin regorge de restos intéressants à l’image de Ariel ou de celui de l’hôtel Klezmer Hois.

Passage chez les goys

Pour changer, allons en direction de la Coline de Wawel où se trouve l’ancien château des rois de Pologne. En route, l’épiphanie est assurée par une BX GTi rouge qui mériterait un petit coup de polish (ça devrait être la spécialité locale, non ?). Bref, direction la colline d’où l’on a vue sur la Vistule puis descente vers la Porte Saint-Florian en passant par l’incontournable place du marché marqué par l’incontournable Sukiennice ou halle aux draps bâtie en 1358. Bref, contemplez les images. Et rendez-vous plus tard pour la suite des aventures en Pologne.

Demänovská Dolina : underground sans velvet

On continue notre route dans les Tatra, on remonte un peu plus au Nord et un peu plus haut pour rejoindre Demänovská Dolina. Nous voici à 690 m d’altitude, la population atteint tout juste 280 habitants : l’attraction est ailleurs et plus précisément sous terre.

Demänovská Dolina : la grotte de la liberté.

Demänovská Dolina se situe non loin de Liptovský Mikuláš et une de ses principales attractions réside, outre dans l’importante station de ski de Jasna, dans la grotte de la liberté de Demänovská. L’entrée se situe à 899 m et la grotte recèle 8 897 m de couloirs ! On y voit donc une palanquée de stalactites et de stalagmites dont la coloration en nuances de jaune et de rouge est due au fer et au manganèse.

Découverte en 1921 et ouverte au public en 1924, la grotte de la liberté de Demänovská vaut le coup d’œil et est plutôt accessible à partir du moment où vous pouvez monter et descendre des escaliers, seule vraie contrainte du parcours. Sa taille la rend assez supportable, on ne s’y sent pas confiné. La température de la grotte est à peu près constante tout au long de l’année, entre 5 et 7 degrés (prévoir le coup avant d’y descendre) et elle est la plus touristique du pays avec 150 000 visiteurs annuels.

Pour finir sur une note gustative, vous pouvez goûter des Bryndzové halušky (des sortes de gnocchis au fromage de brebis et aux lardons mais sans lardons dans mon cas, plat typique slovaque) et vous devez boire un Kofola en pression. Une bonne adresse ? L’hôtel Tri Studničky. C’est tout pour aujourd’hui.

Banská Štiavnica : mine de rien, ça vaut le coup

La Slovaquie est un pays qui s’apprécie peut-être plus par ses paysages que par ses villes, lesquelles ont historiquement été reléguées au second plan face à des capitales comme Vienne, Budapest ou Prague, ayant tiré la couverture sous l’Empire Austro-hongrois ou durant la Tchécoslovaquie. Et si Košice, seconde ville du pays ne manque pas de charme, c’est surtout Banská Štiavnica qui se montre incontournable. D’ailleurs, on y va.

Banská Štiavnica, patrimoine de l’UNESCO

Banská Štiavnica est une ville minière, située au centre de la Slovaquie dans la région de Banská Bystrica. Le nom de la ville vient de la rivière Štiavnica, affluent du Danube, et qui y prend sa source. A noter que la rivière est entièrement canalisée sous la ville. Quant à Banská Štiavnica, elle n’est pas avare en relief puisque son altitude varie de 450 à 950 m.

Réputée pour son activité minière (extraction d’argent, en particulier), la ville a été classée au patrimoine de l’UNESCO le 11 décembre 1993. Le jeune pays slovaque avait alors à cœur de valoriser ses richesses. L’autre particularité de la ville, c’est qu’elle est le théâtre du plus long poème d’amour jamais écrit. On le doit à Andrej Sládkovič, écrivant son amour pour Marína, que sa famille préférait promettre à une famille plus aisée. Dépeints comme les Roméo & Juliette slovaques, on trouve un banc dédié à leurs sentiments devant la maison de Marina. Le couple laissera en souvenir le long poème écrit par Andrej Sládkovič pour celle qu’il aimait.

Avec à peine plus de 10 000 habitants, Banská Štiavnica est loin d’être la plus grande ville de Slovaquie mais c’est une des plus pittoresques avec son relief, son square de la Trinité ou ses bâtiments colorés et fraîchement ravalés à l’image des maisons de la rue Ruzova ou de la maison Fritz (bâtiment jaune). Comme souvent en Slovaquie, la synagogue a été transformée pour un autre usage, ici un hôtel, faute d’avoir pu préserver sa communauté juive. Une plaque explique la nature initiale du bâtiment. Quant au restaurant de cet hôtel (brasserie ERB), situé juste à côté de l’ex-synagogue, il vaut le détour.

Banská Štiavnica est clairement une destination incontournable sur la route des Tatra. Il est également possible de visiter les mines, mais ne l’ayant pas fait, je ne saurai vous dire quoi que ce soit à ce sujet. La visite de la ville vaut à elle seule l’étape. Et si vous êtes du genre à aimer les minéraux, il y largement de quoi y trouver votre bonheur. Je vous laisse regarder les images, ça m’épargnera quelques mots de plus.

Budapest : mise en bouche via la Citadelle

Budapest est une ville qui vaut le détour, ne serait-ce que par ses nombreux monuments dédiés à Michael Jackson. Mais on reviendra une autre fois sur ma seconde foi. En attendant, je vous propose un panorama sur la capitale hongroise. Montons à la Citadelle. Et avec classe…

Citadelle de Budapest : j’aime les panoramas

Un peu d’Histoire ? La Citadelle est une fortification située au sommet de la colline Gellert (235 m), érigée entre 1851 et 1854 à l’époque de l’Autriche-Hongrie, donc, à la demande d’un général autrichien pour y faire stationner ses soldats. Rappelons que la Révolution Hongroise de 1848 venait d’être écrasée… 60 canons étaient là pour dissuader les foules de recommencer. Malgré le Compromis Austro-Hongrois de 1867, la Citadelle n’a pas été démantelée et il a fallu attendre 1900 pour que ses murs soient abattus. En 1956, les troupes soviétiques ont occupé la Citadelle afin d’écraser de nouveau la Révolution Hongroise et les propositions de Nagy, souhaitant faire de la Hongrie un Etat démocratique détaché du Pacte de Varsovie. Mauvaise idée pour sa carrière qui devra attendre Que Le Meilleur Gagne sur la télévision française pour redécoller.

Pour monter à la Citadelle, il est possible de grimper les marches depuis le pont Erzesébet, au pied des thermes Rudas, mais voilà : on n’a pas acheté une Cadillac pour rien, donc on va se garer directement au sommet. De là, vous attend, outre une Trabant 1.1 Universal (une des dernières), un splendide panorama sur la ville, ou devrais-je dire les villes, puisque Budapest est l’union de Buda et de… Pest. A l’Ouest, Buda, avec son palais présidentiel, son bastion des pêcheurs, ses thermes Gellert, tandis qu’à l’Est, se trouve Pest, avec son parlement, son quartier juif, sa place des Héros, son Octogone, et ses bains Szechenyi. On ira visiter plusieurs de ces endroits, soyez patients, en attendant, profitez de la vue.

Vienne : exposition Architecture & Guerre Froide

Il est grand temps que l’on revienne à Vienne quoi qu’il advienne. D’une part pour voir le marché de Noël s’installer en ville. D’autre part, pour visiter une expo qui m’a fait de l’œil en passant la dernière fois. Je vous propose Cold War & Architecture qui se tient jusqu’au 24 février 2020 au Centre d’Architecture de Vienne (AZW).

Cold War Kids

Avant de vous proposer quelques images de la ville, prises aux premières illuminations de Noël, je vous invite à découvrir l’expo. On a tendance à l’oublier mais Vienne, à l’image de Berlin, était une ville sous partition au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Vienne, nid d’espions. Et une des scènes centrales de la Guerre Froide. La compétition avait lieu dans tous les domaines et l’architecture n’y a pas échappé. Les 10 années d’occupation de l’Autriche ont donné lieu à diverses manières d’influencer l’opinion et le pays. Reconstruction, architecture, la rivalité était également là.

Américains, britanniques, français et soviétiques, chacun établissait un programme culturel visant à asseoir son influence idéologique sur la zone. Divisée en quatre parties, chacune dédiée à un occupant, l’exposition présente les différentes foires d’architecture, salons ou réalisations qui ont jalonné ces années d’occupation, achevée en 1955. Vous pourrez en outre assister au fameux Kitchen Debate en vidéo.

Mais le vrai clou de l’expo est assuré par la frise chronologique ponctuée d’un écran sur lequel vous pouvez voir Ronald Reagan vous raconter 5 blagues soviétiques ! Et inutile de dire que j’ai adoré, outre le fait que c’est probablement un des meilleurs présidents que les USA aient connus et qu’il soit un proche de la famille… Du coup, je vous offre la vidéo :

Cette exposition par Monika Platzer se tient jusqu’à fin février au Quartier des Musées, dans l’hypothèse improbable où la lecture de cet article vous décide à vous y rendre.

On ne va pas se quitter sans faire un petit tour à Vienne !

Allez, on termine par quelques photos de la ville (et d’autres ici pour celles et ceux qui les auraient loupées). C’est offert par la maison.

Les marchés de Noël en Slovaquie

Si j’avais eu une quelconque inspiration, je me serais étendu sur le sujet, mais ça n’est pas le cas. Je vais me contenter de vous proposer deux maigres galeries d’images avec les marchés de Noël de Bratislava et de Trnava, à l’Ouest de la Slovaquie, donc.

Bratislava

Le marché est situé dans le centre piéton entre l’ancien Théâtre National, Novy Most et la mairie. Suffit de vous y promener, il y a de quoi faire. Mais en dehors de quelques maigres photos avec mon iTéléphone, je n’ai pas grand-chose à vous partager. Je vous laisse vous projeter dans l’ambiance.

Trnava

On y est allé pour le Jarmok, c’est au même endroit que se trouve le marché de Noël, rue Stefanikova et Place de la Trinité. Encore une fois, des photos prises au téléphone comme seuls souvenirs. Plaisir des yeux et vivez cette expérience de folie par procuration :

Bratislava : Smells like Meulensteen spirit

Côté culture, il n’y a pas que les Bratislaboys qui ont marqué la capitale slovaque, il y a aussi un intéressant musée situé à 15 km au Sud de la ville, à deux pas de l’Autriche. Le Danubiana Meulensteen Art Museum se distingue par sa situation des plus originales : c’est sur une île en plein Danube que le musée a été bâti.

Danubiana Meulensteen Art Museum : un parfum de Pays-Bas

Inauguré le 9 septembre 2000, il s’agit du premier musée d’art privé de Slovaquie. On doit son érection au galeriste Vincent Polakovič ainsi qu’à l’entrepreneur et collectionneur néerlandais Gerard Meulensteen. L’idée derrière ce bâtiment ? Un « navire déplacé par des rames, surmontant les distances et les pays lointains et différences culturelles ». Tout un programme. Bref, c’est un bâtiment avec des murs, des vitres, des portes et un toit.

Autour du bâtiment, se trouve un jardin de 8 000 m² sur lequel sont exposées une quarantaine de sculptures. Entre le côté insulaire du musée, ses pavés ou les canaux à proximité, il y a vraiment un parfum de Pays-Bas qui y flotte. D’ailleurs, la Reine Beatrix n’a pas manqué de s’y rendre en 2007.

Je vous laisse découvrir le musée en images :

Bratislava : mise en bouche

Bratislava. Ville renommée pour ses Bratislaboys, bien entendu, mais également et accessoirement capitale de la Slovaquie. Jeune capitale, d’ailleurs, puisqu’elle ne l’est que depuis le premier janvier 1993. On va y faire un petit tour.

Bratislava : jeune capitale

L’ancienne Presbourg est ainsi la plus grande ville de Slovaquie, peuplée de près de 430 000 habitants et située à l’extrémité Ouest du pays, à la frontière avec l’Autriche et la Hongrie. Bratislava est la capitale du jeune Etat slovaque, né après la Révolution de Velours qui a suivi la chute du communisme en ex-Tchécoslovaquie. Comme vous l’avez aisément deviné, les partisans de la Tchécoslovaquie fédérale s’étant effacés devant ceux qui préféraient une solution à deux Etats indépendants.

Bratislava abrite le siège de la présidence, du parlement et du gouvernement slovaques. La ville dispose d’universités, de nombreux musées, théâtres et autres institutions culturelles, bref, c’est une capitale, bien que jeune. Le Danube, pas toujours bleu, coule le long de la ville, surplombée par le château que vous voyez sur les pièces d’Euro slovaques, tandis que le fameux UFO de Novy Most signe l’identité de la ville. Bien que la zone ait été construite dans la douleur avec la destruction d’une grande partie du quartier juif sous l’ère communiste : cimetières rasés, synagogue néologue réduite à néant… les nazis n’avaient pas fini leur œuvre, leurs rivaux d’en face s’en sont chargés. Et la communauté juive locale de se réduire davantage. Il ne reste qu’une synagogue dans la ville, dont l’architecture date de l’entre-deux guerres. Sa visite permet de se faire une idée précise du sort des juifs dans le pays au long du XXième siècle. A noter qu’une station de tram rend désormais hommage à un des cimetières rasés pour construire la ligne dans les années 60.

Pour poursuivre sur une note plus joyeuse, l’indispensable balade dans le centre historique près du théâtre ou de l’ambassade de France s’impose, tout comme la montée vers le château qui permet de dominer la ville et d’admirer le fameux UFO, construit entre 1967 et 1972, disposant d’un restaurant panoramique. Au détour d’une plaque, vous vous rappellerez que le krav-maga a été inventé à Bratislava… par un juif. Et on en revient aux problèmes passés évoqués ci-dessus.

Pour terminer sur une note économique, ravalez une fois de plus vos préjugés sur l’Europe de l’Est, v’là un petit rappel économique qui remet les idées en place : en 2013, la région de Bratislava est arrivée 6ème dans le classement des régions européennes ayant les meilleurs PIB/habitant (devant la région parisienne classée 8ème). Source, Wikipedia.

Vienne : une mise en bouche

Il y a plus d’un quart de siècle, François Feldman se demandait ce que devenaient les valses de Vienne. Après toutes, ces années, si les mots sont les mêmes, je n’en sais toujours fichtrement rien. Ce n’est pas faute d’y être retourné… Bon, suivez-moi.

J’ai eu la chance de visiter, revisiter et rerererererererevisiter Vienne. Ce qui, mine de rien, est cool, d’autant plus que la ville tend à ressembler par endroit, à un musée à ciel ouvert. Vienne est, en outre, infiniment plus propre que d’autres capitales européennes, comme, par exemple, au hasard, Paris. Pas de rats dans la boue, les égouts ou partout. Comme quoi, il est possible de gouverner une grande ville pleine d’activité, de trafic et de touristes sans la transformer en déchetterie. Sans vouloir viser qui que ce soit, hein. Bref, prenons de la hauteur. Ca tombe bien, on va terminer la soirée sur un rooftop fort sympathique mais avant cela, un p’tit tour s’impose pour profiter des rayons du mois de septembre. Retrouvez le parcours en cliquant sur ce lien.

On gare la berline de luxe à deux pas de l’Ankeruhr (ou carillon Anke), jouxtant la Judengasse (littéralement « allée des juifs ») qui nous rappelle qu’il n’y avait pas que des chrétiens dans le coin. A côté se trouve le magasin Merkur Höhermarkt, une sorte de Bon Marché où l’on peut se procurer une belle variété de fromages et, paraît-il, de la viande casher. Quand il y en a… Donc pas aujourd’hui. De nombreux produits plus ou moins exotiques occupent le dernier étage, autant en profiter. La Slovaquie n’étant pas réputée pour sa nourriture, ça sera l’occasion de remplir le frigo.

Retour à la berline de luxe pour y déposer les affaires et début de la promenade : direction ce qui reste du quartier juif (la population ayant soudainement baissé quelques années après que l’enfant du pays a écrit son best-seller). On poursuit la route vers le palais Harrach et son passage. Sortie à gauche vers le pittoresque Café Central. Le principal problème de ce café, c’est la nuée de touristes qui s’y dirigent. Préférez les heures creuses ou réservez, il vaut le coup d’œil. Bref, du coup, pas de photo cette fois. On suit les calèches pour se diriger vers la pittoresque Michaelerplatz et l’on traverse en direction du musée des papyrus puis de la bibliothèque.

Arrivé au Quartier des Musées, on admire l’agencement des lieux puis direction la voiture, non sans faire un détour. L’occasion de passer par la zone piétonne vers Stephanplatz. Après tous ces kilomètres (pas hyper nombreux non plus, faut pas exagérer), faisons une pause sur le toit de l’hôtel Lamée où l’on admire le coucher du soleil et la cathédrale St Stephan. La vue en vaut la peine alors pourquoi se priver d’un mojito vierge ? Pour le dîner, il suffit de descendre : le restaurant Le Burger se trouve au pieds de l’hôtel et sert… vous avez deviné ? Fritz Kola de rigueur pour accompagner un burger à l’avocat. C’est bon de manger les spécialités locales. Je dois avoir un côté américain… A une prochaine à Vienne, on a une expo à regarder.

Trnava : le Jarmok

Trnava. Septième ville de Slovaquie, réputée pour sa grande concentration d’églises, sa production automobile et son Jarmok. Avec un peu -beaucoup- de retard, je vous emmène à cette fête.

Jarmok : de l’art ? Du cochon… et de l’ail.

Qu’est-ce que le Jarmok, allez-vous me dire ? J’anticipe les questions, avec une grande habileté. C’est une fête qui se déroule début septembre et où le centre-ville se transforme en haut lieu de l’ail et du cochon. Pour schématiser… Outre la vente d’objets en bois, de trucs pas casher et d’ail, donc, vous pourrez y déguster quelques spécialités locales comme les cigánska pečienka (viande grillée avec de la moutarde et des oignon, servie dans du pain), boire de la burčiak (vin jeune) ou manger de l’oie avec des lokše (pancakes de pomme de terre). Outre les concerts sur la place de la Trinité, au pied du beffroi qui permet de dominer la ville, Trnava est décorée de quelques drapeaux pour l’occasion tandis que des animations médiévales ont lieu au pied des remparts.

Curieux à propos de Trnava ? Je vous y emmènerai une prochaine fois, c’est promis.

Back to where we aim

Voyager ? J’adore ça. Au moins autant que Jean-Claude Van Damme apprécie le monoxyde de dihydrogène. Autant dire que je ne suis pas sans désir de voyage voyage. Ca tombe bien, faites vos valises virtuelles, on s’en va. De nouveau.

Bratislava Novy Most

Et oui, l’autre raison, c’est que je n’avais plus que tout qu’une envie : retourner à l’étranger avant la fin du mandat de l’infâme françois hollande. On va dire que j’ai à moitié réussi : c’est parti pour une troisième et nouvelle expatriation pour fuir -temporairement- le régime du nouvel hollande, toujours aussi vieux mais dans une enveloppe charnelle de jeune. Mais mettons de côté l’amertume de voir mon pays couler lentement au gré de la médiocrité de ses élites moralement corrompues (voire pas que moralement à Paris…), profitons simplement de cette tribune pour voyager, comme par le passé.

Discriminations, stigmatisations, refus d’ôter les œillères, restrictions en tout genre, dégradations de l’état de la Capitale, dégradation de l’état de l’Etat, un esprit critique malade, une morale déliquescente, un moral en berne, tandis que les comportements constructifs et les citoyens peinent à contrebalancer l’amère médiocrité ambiante, j’avais besoin d’air. Une parenthèse dans le constat, un peu désemparé, d’un pays que j’aime mais qui s’enfonce lentement dans la maladie. Retour en Slovaquie et dans l’Europe Centrale, retour aux « sources » après une expatriation roumaine et une longue attente en France. Attente de jours meilleurs.

Alors pour souffler un peu, je vous propose quelques carnets de voyage. Parce que le monde regorge de beauté, de curiosités, de moments d’Histoire, de détails avenants, d’occasions de s’émerveiller d’un petit rien ou d’un grand tout. Parce que le monde n’est pas ce que le prisme déformant du sensationnalisme et de l’instantanéité tend à transformer, parce que le monde n’est pas qu’un épouvantable concours d’affirmations affligeantes, profitions humblement de l’immense pouvoir d’Internet et des technologies modernes pour partager un peu de beauté. Et profitons-en aussi pour apporter un autre regard sur l’Europe centrale, dénigrée à tort, comme souvent. Et je ne blâme personne : tout le monde n’a pas eu la chance d’y passer du temps pour constater la vie au-delà des clichés. Je ne suis pas différent des autres ; j’ai juste eu un peu de chance sur certains points. Autant que mes voyages puissent profiter à d’autres. Et si possible, susciter l’envie. L’envie de visiter le monde, l’envie de comprendre -un peu plus, voire l’envie de partager.

Beau programme en perspective, donc. Alors en route, à 1 400 km de Paris. Back to where we aim, comme le chante Gaspard Royant.

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